Masse++, ça s'approche !

En août 2014, dans un article intitulé "600 kg, et si on en parlait ?", nous posions ceci en conclusion : "Bien que partisans du léger, voire très léger, nous observons que des milliers de machines volent en illégalité et que la seule solution, désormais, est d’étendre la masse maximale, en maintenant la masse minimale actuelle. On nous oppose que ce n’est plus possible, que l’Europe en a décidé autrement, etc. Ce que l’Europe a fait, l’Europe peut le défaire ! La fameuse annexe II, qui établit que les aéronefs de moins de 450 kg au décollage restent ULM, ne dépensera qu’une demi-seconde pour établir que ce sera désormais 600 kg !" Pour rappel, les éléments de cette Annexe II ont été intégrés à l'Annexe I entretemps.

Cette proposition, qui n'en était pas une, découlait du simple bon sens, cette évolution nous semblant être inéluctable à (court) terme, puisque les utilisateurs de machines dites évoluées trichent dans leur immense majorité.

Selon une information révélée hier par "Aviation et Pilote" et que nous avons pu vérifier, la Commission européenne a donné son accord pour une extension de la masse maximale au décollage des "ULM" à 550 kg. Cet avis n'a rien de législatif, il faut pour cela qu'il y ait encore des discussions au parlement européen, entre les ministres concernés et ladite Commission. Mais c'est un pas de plus vers ce que les utilisateurs veulent, quoi qu'ils en disent.

On peut rappeler que l'arrêté de 1998, qui étendait la masse à vide des biplaces de 175 kg à plus de 300 kg, avait alors déjà suscité un tollé de la part d'une majorité d'ULMistes. Pourtant, 18 ans plus tard, plus personne ne le remet en cause et tout le monde a accepté les contraintes qui sont venues avec (obligation du carnet d'entretien, masse maximale et puissance limitées, etc.)

Bien sûr, les ULM sortant du cadre des compétences de l'AESA en ce qui concerne leur navigabilité, chaque pays membre reste maître de ce qu'il impose dans son pas. Mais, si la France ne passe pas ce cap mais permet toujours que les ULM étrangers volent dans son ciel à condition de correspondre aux normes du pays d'origine, les ULMistes désireux de voler à plus de 472,5 kg iront se faire immatriculer et breveter ailleurs, tout simplement.

Ce qui se profile à terme (ceci n'engage que ULMiste), est une dissociation des ULM par masse et performances, comme cela se fait en Italie, Canada ou ailleurs. Ceux qui voudront (et pourront, surtout !) voler au-delà des limites actuelles accepteront (ou non), les inéluctables contraintes qui viendront avec l'augmentation de la masse au décollage. Et ceux qui pourront continuer de voler à 450 ou 172,5 kg resteront dans le régime actuel, dont il est même plus que temps qu'il soit allégé pour les monoplaces.

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