Pulma is good for you!

Article paru dans ULMiste n°9, avril 2012

 

Pulma is good for you!

 

Alain Meyer

 

Le constat actuel

 

Le prix de l’essence : le prix du litre de super 98 atteignant des sommets à la pompe (pratiquement 2€ le litre à la fin de l’année), les consommations de nos chers deux temps commencent à peser dans le budget familial, ce qui oblige la plupart d’entre nous à voler moins souvent ou privilégier le vol local (visite des bases alentours, des points remarquables). Le réflexe en descendant de la machine est de jeter un coup d’œil à la jauge du réservoir pour comptabiliser le coût de la balade ludique.

 

La politique commerciale

 

Que de publicités qui vantent les avantages de telle ou telle machine en termes de puissance, d’esthétique et de vitesse, en oubliant volontairement de parler d’autonomie et de coût horaire. De superbes présentations où, malheureusement, le prix apparaît rarement.

De plus, les machines monoplaces semblent bannies des catalogues, remplacées par des biplaces sur lesquels l’on vole souvent seul et globalement beaucoup plus gourmandes en termes de budget, bien que la tendance semble s’inverser depuis quelques mois, la demande sans doute ? Des ailes de plus en plus petites avec des moteurs de plus en plus gros qui imposent une approche toute différente du pilotage tant du point de vue VNE que longueur de piste pour des pannes éventuelles. De moteurs de plus en plus sophistiqués, indémontables par le commun des pilotes.

L’angoisse de l’auto construction

 

L’esprit qui animait nos pionniers a presque complètement disparu de nos jours. Rares sont les amateurs qui se lancent aujourd’hui dans la construction d'une machine volante en ayant peur du résultat ou de ne pas savoir la fabriquer. Un peu d’imagination et d’adresse manuelle suffisent pourtant à fabriquer une machine que vous pourrez exhiber en annonçant : « c’est moi qui l’ai faite ». Attention, il ne s’agit pas non plus de faire n’importe quoi et toute réalisation demande de la réflexion logique : épaisseur des plaques, alu ou inox, taille des boulons, sécurités redondantes, répartition des efforts, etc. Il ne faut jamais douter d’une pièce ou d’un assemblage, le mieux étant de demander plusieurs avis, à des pros et à des néophytes, qui verront des problèmes qui peuvent échapper au futur constructeur que vous allez devenir. N’oubliez pas que personne n’a la science infuse et tout avis ou idée est à prendre, quitte à l’abandonner après étude.

La pliabilité et le transport

 

Lors de concentrations ULM deux choix s’offrent à vous :

- Monter le châssis de la machine sur une remorque et plier l’aile afin de la transporter sur la galerie de votre véhicule, puis remonter l’aile sur la machine et ceci deux fois. Opération qui s’avère rapidement fastidieuse à cause des ailes performantes double surface, longues au pliage et du poids des chariots.

- Rejoindre votre destination en vol, avec l’ivresse des grands paysages qui s’offrent à vous, le souvenir d’un vol inoubliable, d’une navigation préparée avec attention le soir sur un coin de table. Il faut garder en tête qu’une météo qui se dégrade une fois sur place engendre un retour différé et qu’un lieu de concentration est parfois éloigné de tout. Le pilote n’ayant pas de véhicule devient dépendant de ses collègues pour le ravitaillement (carburant, nourriture).

La législation Pulma

 

Un petit rappel : pour être classé en 2A, dit « Pulma » (planeur ultraléger à motorisation auxiliaire), il faut répondre aux conditions techniques suivantes :

  • Etre monoplace,

  • La masse maximale tout compris est au plus égale à 170 kg,

  • Avoir une puissance moteur inférieure à 25 kW

  • La charge alaire à la masse maximale doit être inférieure à 30 kg/m2.

  • Avoir une aile prévue pour le vol motorisé avec un dossier déposé par le constructeur à l’instar des paramoteurs.

 

Pourquoi s'orienter vers le Pulma ? Le Pulma regroupe tous les avantages cités plus haut, mis à part la vitesse de vol, la stabilité en turbulences et le vol biplace. Chariot et aile vite pliés en fagot sur le toit de la voiture. Moteur simple, démontable et réparable facilement partout. Indépendance lors des meetings. Consommation frisant le ridicule : 2 à 3 l/h. Légèreté de pilotage, maniabilité. Distance de décollage et d’atterrissage très réduite par la vitesse de vol, offrant une multitude de terrains vachables. Possibilité de vol moteur coupé pour enrouler les thermiques. Plaisir de la chaise volante et de l’esprit ULM retrouvé. Le Pulma pendulaire est au delta libre ce que le paramoteur est au vol libre parapente.

La situation idéale est un petit Pulma pour le fun en solo et les sensations du hamac volant et un biplace pour partager la joie intense d’un vol découverte. On peut imaginer que chacun  ait son petit monoplace et que le biplace soit en propriété partagée.

 

L’expérience de mon Pulma 1666

 

L’idée : depuis longtemps, j’avais dans la tête l’idée de fabriquer un pendulaire moi-même. J’avais déjà huit chariots paramoteurs à mon actif, des petits et des gros (Rotax 447 et 503). J’avais acheté la liasse de plans auprès de l’APPULMA en 2008 et l’avais laissée dormir dans sa chemise cartonnée. L’année dernière, un membre handicapé du club est arrivé avec une machine achetée d’occasion, construite selon ces plans. Il m’a proposé très gentiment de l’essayer et ce fut le coup de foudre : un vol entre le gros pendulaire et le paramoteur mais sans les inconvénients du gonflage de la voilure souple. La graine a germé et j’ai ré-ouvert la fameuse chemise. La seule chose qui me chagrinait dans cette machine était sa taille : un peu grande à mon goût. Je décidai donc de diviser les dimensions par 1,2 pour avoir un engin plus bas et ayant moins de voie. D’où son nom : « Pulma 1666 ».

 

Les ingrédients

 

La recette était écrite, il restait à trouver les ingrédients.

- Un moteur : le Hirth F33 de mon paramoteur ferait parfaitement l’affaire avec ses 27 cv (législation Pulma oblige).

- Une vieille aile afin de récupérer les tubes et la boulonnerie nécessaire à la construction : dans mon cas une FUN 18 avec une toile hors d’âge mais un accastillage en parfait état.

- Un siège de Racer trouvé à la casse, complet avec son cadre, fera l’affaire.

- Une plaque d’alu de 5 mm pour y découper les pièces d’assemblage.

- Quelques fournitures d’une grande surface de bricolage dont trois roues de chariot, deux tubes en dural et de la boulonnerie BTR viendront compléter le kit.

- Du rondin de nylon de 40 et 50 mm pour manchonner les tubes ceci afin d’éviter l’écrasement lors du serrage des boulons.

- Quelques chutes de hauban de l’aile précitée et des manchons Nicopress®.

- Des Silentblocs®.

- Des colliers d’échappement automobile du diamètre des tubes, trouvés en général dans la fourniture automobile.

Des outils de base dont :

- Une scie à métaux.

- Un jeu de clés plates et BTR.

- Des tournevis.

- Une disqueuse de 115 mm avec un disque spécial pour métaux tendres.

- Une pince à riveter et une poignée de rivets de 4 et 5 mm.

- Une lime.

- Une perceuse et ses forets.

- Une pince à sertir les cosses pour la partie électrique (réduite au minimum avec ce genre de moteurs.

- Une scie sauteuse avec une lame pour métaux.

 

Les trucs de base

 

Les trois plus grandes difficultés rencontrées ont été l’obtention d’une coupe parfaite des tubes, le perçage selon un diamètre et la réalisation des pattes de jonction par pliage, ’ayant pas de plieuse. Pour la première, j’ai résolu le problème en entourant un bout de ruban adhésif à l’endroit de la découpe et en effectuant celle-ci avec une meuleuse d’angle munie d’un disque pour métaux tendres. En suivant le ruban et en faisant doucement le tour, le résultat est impeccable. Il est possible d’utiliser également une scie à onglet électrique car elles sont toutes munies de lame au carbure.

Pour le perçage des trous j’ai trouvé trois solutions :

- La première, chinée sur le site des poux du ciel : immobiliser le tube sur une surface plane avec un serre joint et faire glisser une équerre le long de chaque coté du tube, ce qui va laisser une légère trace sur un diamètre. Reste ensuite à mesurer l’emplacement des trous avec un réglet.

- La deuxième, enrouler une bande de papier autour du tube et marquer la circonférence, puis à travailler à plat pour les mesures et remettre la bande sur le tube avec les marques ainsi faites.

- La troisième, celle que j’ai utilisée, consiste à trouver dans les tubes de la veille aile des portions où les trous sont déjà percés. J’ai découpé ce morceau et il m’a servi de gabarit pour le coup de pointeau  de centrage à donner.

Pour les pattes, il suffit de prendre du tube carré et d’enlever une face à la scie, vous obtiendrez ainsi une très belle pièce.

Enfin quelques conseils :

- Ne pas oublier de mettre un coup de pointeau pour marquer le repère afin que le foret ne ripe pas.

- Pour les trous supérieurs à 6 mm mettre un bout de chiffon au bout de la mèche pour ne pas avoir un trou triangulaire (si, c’est possible !)

- Ne pas percer directement au diamètre voulu au-dessus de 4 mm mais y aller progressivement de 2 en 2 mm.

 

La construction

 

Comme à mon habitude, je travaille au « feeling », c’est-à-dire sans plan papier. Je présente les tubes métalliques de la base au sol et à l’œil je juge si le modèle correspond à l’esthétisme, aux obligations mécaniques et au plan 3D qui me trotte dans la tête.

Tous les ingrédients étant réunis, la construction pouvait commencer : découpe, perçage, assemblage ; l’engin commençait à ressembler à un pendulaire, étonnant non ?

En une journée la structure du tricycle fut terminée et le soir même j’ai eu le plaisir de pouvoir m’asseoir dedans. Il me restait à mettre les roues, qui ont un axe de 20 mm. Un bout de tube serrurier de 20 dans lequel rentre parfaitement un tube plombier de 17 mm, un coup de cintreuse hydraulique à 18° chez mon voisin le plombier et deux goupilles beta avec leurs rondelles, le tour était joué. La fourche a été construite d’après les plans de l’APPULMA. Je voulais un GMP assez compact et bien amorti tenant aussi le haut du siège. L’axe de l’hélice et des fixations moteur devant être le plus alignés possible l’un de l’autre, du carré d’acier et une plaque d’alu de 6 mm pliée en U avec 4 Silentblocs, un collier d’échappement tenant la jambe de force sur le mât ont fait l’affaire. Le support de réservoir ? Une platine de fixation d’antenne satellite qui a l’avantage de se fixer sur du rond de 50 mm avec une sangle passée en 8. Une manette de dérailleur Huret pour les gaz et un interrupteur coupe contact sur le cadre du siège. Pour plus de sécurité, le mât et la barre de compression sont doublés intérieurement par un câble inox de 6 mm récupéré sur la vieille aile désossée. Un peu d’essence dans le réservoir, mise en place de la ceinture de sécurité et les essais de roulage ont pu se dérouler le lendemain sur le stade de foot proche de la maison. Bilan, ça pousse et c’est stable.

 

L’aile

 

Toute aile de vol libre, à condition d’être renforcée, peut faire l’affaire, voire une aile rigide (finesse et chasse à la pompe exceptionnelle). J’ai choisi une Synairgie Lynx 14 simple surface  que l’on m’a donnée et dont la toile est comme neuve, mais nécessitant une révision de l’accastillage (changement de la boulonnerie et des haubans).

L’identification

 

Un grand merci à la DSAC de Bordeaux qui me délivre les papiers d’identification provisoire dans la semaine afin d’effectuer les essais en vol.

 

Les essais en vol

 

Les essais ne doivent pas être réalisés seul (en cas de problème) il vaut mieux attendre un jour où il y a du monde (mais pas trop et pas n'importe qui, ça peut aussi mettre la pression ou distraire). J’appelle deux copains pilotes du club qui se dépêchent d’accourir et bien qu’ayant fait une visite prévol je leur demande de faire le tour de la machine au cas où un  détail m’aurait échappé. Feu vert de leur part et c’est le cœur battant, aligné sur la piste avec un léger vent de face, ceinture bien serrée et le téléphone portable dans la poche (on ne sait jamais) que je démarre le moteur du premier coup.Un coup d’œil partout, attache de l’aile, vibrations anormales, débattement du trapèze et je pousse les gaz à fond, roulage et je décolle en une trentaine de mètres. Je parcours ainsi la piste à un mètre de haut et me repose au bout tout tremblant comme chaque premier essai. Je me réaligne et repars, cette fois-ci je monte beaucoup plus haut et décide d’aller faire un petit tour pour tester les réactions de l’engin. Le décrochage se fait à plat et une main suffit pour piloter tellement il est léger. Tout va bien, je suis le plus heureux aux commandes de ma machine que j’ai construite moi-même. Du coup, les deux copains l’essayent et se reposent tous avec le sourire aux lèvres. Le lendemain, pesée et rédaction des papiers pour l’identification définitive. Ce sera 64 SD comme Super Dément !

 

Bilan et conclusion

 

SI JE L’AI FAIT, TU PEUX LE FAIRE AUSSI !

 

Pour un cout dérisoire de 560 €, total estimé en comptant les pièces d’occasion tel le moteur, le siège et l’aile, etc., vous aurez une machine performante procurant des vols inoubliables. Vous trouverez bien un petit moteur abandonné ainsi qu’une aile, qui ne redemandent qu’à voler après une révision par vos soins. Vous aurez l’immense avantage de connaître votre machine sur le bout des doigts. Un Pulma plié ne tient pas de place, est toujours disponible pour venir en vacances avec vous et vous fera faire des ballades de rêve sous les cumulus, moteur coupé. Un carré d’herbe tondue lui suffit et quid du plaisir du radada en jouant à saute haie (interdit bien sûr) au-dessus des champs déserts et enneigés de l’hiver. Les concentrations ULM où votre machine amuse, étonne, attire la sympathie et allume une petite étincelle dans l’œil des copains qui « c’est sûr, en font un en rentrant à la maison ». L’approche Pulma est certainement différente du pendulaire de voyage mais tout aussi enrichissante. N’hésitez pas à me contacter pour des photos de détail ou des conseils.

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