ULM, Guadeloupe et météo

Article paru dans ULMiste n°15, mai 2013

 

ULM, Guadeloupe et météo…

 

J’en avais encore marre de vous causer du mauvais temps. Avec cet hiver qui n’en finissait pas et ces conditions médiocres qui persistent je me suis dit : un petit coup d’exotisme vous ferait du bien. Alors ce mois-ci, on prend direction les Antilles. Soleil, rhum et cocotiers au programme. Voilà un bon cocktail pour vous remonter le moral.

 

Arnaud Campredon

 

La Guadeloupe est un département français situé à 6500 km de la France métropolitaine, 600 km au nord des côtes de l’Amérique du sud et 2200 km au sud-est des Etats-Unis. Ce territoire fait partie des Antilles. Un vaste archipel en forme d’arc de cercle de 3500 km de long, s’étirant depuis Cuba jusqu’au large du Venezuela.

Fig 01 : Les Antilles et l’arc antillais.

 

La Guadeloupe principale se compose de deux terres distinctes. La Grande Terre à l’est, qui est d’ailleurs la plus petite en surface. C’est une succession de plaine et de plateau.

A l’ouest, on trouve la Basse Terre qui est aussi la partie la plus haute et la plus étendue de l’île. Le relief montagneux d’origine volcanique est recouvert d’une forêt tropicale dense où abondent de nombreuses rivières et cascades. Son plus haut sommet est le volcan de la Soufrière qui culmine à 1467 mètres.

 

La Guadeloupe et ses dépendances administratives : on trouve à l’est la Désirade, une petite île calcaire de forme allongée. Au sud-est Marie Galante. Une grande île plate et arrondie.

 

Au sud, les Saintes : un petit archipel de 9 îles arides et escarpées. Chacune de ces îles  porte un aérodrome, pour la plus grande joie des pilotes locaux.

 

Le climat : la Guadeloupe bénéficie d’un climat tropical chaud, humide et maritime. A moins

d’être bien abrités dans des hangars adéquats, les appareils en bois (d’arbre) sont mal adaptés à l’humidité ambiante. On préféra les ULM de conception métallique.

Fig 02 : Les aérodromes de la Guadeloupe.

 

Le climat de la Guadeloupe est tempéré par les alizés, vents des régions intertropicales soufflant d’est en ouest de façon régulière. Quand on vole dans ces coins-là, on ne se pause pas trop la question de la force et de la direction du vent. D’une manière générale, c’est toujours l’alizé qui domine. D’ailleurs, l’ensemble des pistes sont orientées grosso-modo ouest-est. Basse-Terre Baillif 14/32, Désirade Grande-Anse 09/27, les Saintes Terre-de-Haut 09/27, Marie-Galante 09/27, Saint François 11/29 et enfin Point-à-Pitre le Raizet 12/30.

 

D’un point de vue pratique on distingue quatre saisons comme dirait mon pote Vivaldi :


La saison sèche qui est aussi la moins chaude. Elle commence au mois de janvier pour se finir au mois d’avril. C’est la pleine saison touristique. La ceinture anticyclonique descend en latitude. L’anticyclone des Acores génère un flux de nord-est frais. Les températures en journée sont supportables, 25 degrés en moyenne. C’est la pleine saison touristique.

Les vacanciers apprécient cette ambiance agréable et chaude comparée à l’hiver métropolitain. L’alizé reste constant et soutenu. Le temps sec et bien ensoleillé persiste en journée, mais les nuits sont fraîches et de petites averses peuvent se produire en fin de nuit. C’est la période que je vous conseille d’ailleurs.

 

Du mois d’avril au mois de juin, les Antilles connaissent une saison intermédiaire. Elle est marquée par une augmentation progressive des précipitations. Avec les alizés qui s’orientent lentement au sud-est, le thermomètre commence sa lente remontée. Le temps alterne entre de copieuses averses parfois orageuses et de belles périodes ensoleillées.

 

A partir du mois de juin et jusqu’au mois de novembre l’anticyclone des Acores remonte en latitude vers le nord. La zone intertropicale de convergence représente l’équateur météorologique. C’est une zone de mauvais temps et de basses pressions. Elle se décale aussi vers l’arc antillais engendrant un temps plus chaud et humide. Vient alors la saison des pluies, appelée aussi « la saison cyclonique ». Les formations convectives au-dessus des îles surchauffées sont parfois nombreuses et violentes. Le passage d’ondes d’est organise la convection sous forme de dépressions tropicales et dans le pire des cas de cyclones ou d’ouragans. Les pluies y sont diluviennes, associées à des vents ultra-violents. C’est un peu « Ajax WC », la tornade blanche, qui  nettoie tout du sol au plafond. Peu fréquent heureusement, sauf qu’après le passage du cyclone, tu ne sais plus où tu habites. Le paysage est dévasté, les tôles envolées, les arbres arrachés. Dans d’autres cas, occasionnellement, la faiblesse du vent ou panne d’alizé se traduit par un temps lourd qui débouche encore sur des orages. Là aussi, l’ensoleillement est altéré par un ciel bien chargé en nuages.

Fig 03 : La saison humide.       

Fig 04 : La saison sèche.

De novembre à décembre on retrouve la seconde transition, marquée par une baisse progressive des températures associée à l’arrivée d’un temps plus sec. Les alizés reprennent de la vigueur en s’orientant lentement vers le nord-est.

 

C’est dans les conditions idéales du mois de janvier que j’ai été accueilli chaleureusement par Jean-Claude d’ULM Caraïbe. L’école met à votre disposition un Zenair 650, 2 Zenair 701 et un Zenair 601, tous à train tricycle, un Murphy Renegade biplan à train classique et un autogire Auto-Gyro MTO sport.

 

En Guadeloupe, on peut voler toute l’année, survoler des sites de rêve, lagons aux reflets bleus verts, rivages de sable blanc immaculé. Alors, c’est parti pour un tour de « mobylettes ». A Saint-François, une piste en dur de 600 m permet d’apprendre à piloter dans de bonnes conditions, en dehors de tous trafics ou limitations en tout genre. On peut enchaîner avec délices, tours de piste, encadrements, PTS, PTU, un réel plaisir de voler dans ces conditions.

Attention, je vous rappelle que pour tout survol maritime, il faut déposer un plan de vol par téléphone, partir avec les gilets de sauvetage, le canot et la balise de détresse.

 

Les aérodromes de Marie-Galante et de la Désirade ne nécessitent aucune qualification particulière. Par contre, pour les Saintes et Baillif, les choses deviennent sérieuses et l’utilisation de la piste requiert une qualification de site. Aux Saintes, le terrain est niché entre deux collines et l’approche est particulièrement turbulente, surtout par vent de travers.

 

A Baillif les choses se compliquent encore, car on vole en partie sous le vent du relief. L’atterrissage se fait obligatoirement en 14. Attention, en courte finale, la remise de gaz est impossible à cause du relief en face. Aussi la décision d’atterrir doit se prendre avant 300 ft sol. Sinon, c’est dégagement par la droite.

 

Le décollage est aussi très technique, mais en sens inverse, uniquement en 32 face à la mer, avec 10 nœuds maxi de vent arrière. La piste est en descente, ça aide. Après le décollage les taux de monté restent souvent faibles. La cause, les vents rabattants qui se forment derrière le relief de la Soufrière. Ils peuvent avoir une incidence jusqu’à 8 km au large en fonction de la force des alizés.

Fig 05 : les vents rabattants ont une incidence sur le taux de monté jusqu’à 8 km sous le vent de la Soufrière. 


Même pour les pilotes locaux, les habitués du coin, ce n’est pas toujours évident. Le 28 octobre 1998, un PA 28 décolle de l'aérodrome de Basse-Terre pour un vol à destination de Marie-Galante. Il prend une route directe via le col de Gourbeyre (altitude 329 m) puis, vraisemblablement en raison de mauvaises conditions météorologiques à cet endroit, altère sa trajectoire vers le

sud comme pour rejoindre la côte en contournant le relief. L'avion heurte le versant des Monts Caraïbes à une altitude de cinq cent soixante mètres.

 

Pour terminer et surtout pour vous remettre de toutes ces émotions, je vous donne comme d’habitude une bonne recette, celle du punch Coco qu’il faut boire vous le savez tous avec parcimonie et modération, bien que je n’ai jamais rencontré ces deux personnes : dans un verre, vous disposez d’un bon tiers de rhum, un petit tiers de sucre de canne, un autre petit tiers de lait de coco et enfin un tiers de glaçon. Mais ho, ça fait quatre tiers ça. Pas grave, on prendra un verre plus grand.

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