QCM ULM, tentons le coup !

Article paru dans ULMiste n°19, mars 2015

 

QCM ULM, tentons le coup !

 

Dans notre précédent numéro, nous avons pointé le fait qu’il n’y a jamais de questions propres à la réglementation ULM dans les QCM proposés aux candidats pilotes d’ULM. Nous avons donc mené une petite expérience, entre novembre et décembre, en proposant sur internet dix questions portant exclusivement sur la réglementation ULM, afin de juger du degré de connaissance qu’ont les pilotes ULM sur la question. En voici les résultats commentés.

 

Pierre-Jean le Camus

 

1 / Je veux me poser à proximité de chez mon beau-frère, dans un champ :

A Je reconnais un terrain dégagé, je m’y pose puis je vais prévenir le propriétaire. 5,49 %

B Je dois d’abord obtenir l’autorisation du propriétaire du terrain et celle de la mairie. 37,65 %

C Je ne peux pas me poser, nous ne sommes pas sur un aérodrome ou plateforme ULM. 4,71 %

D Je dois avoir l’autorisation du gestionnaire du terrain et je dois déclarer mes intentions au maire, préalablement à l’atterrissage. 52,16 %

 

La réponse D reçoit le plus grand nombre de bonnes réponses, ce qui tombe bien : c’est la bonne réponse ! Pour préciser, c’est l’autorisation de la personne ayant la jouissance du terrain qui est nécessaire, comme nous l’a rappelé Pascal Faure, Volitude ULM à Grenoble. L’arrêté de 1986 qui régit ce point n’impose aucune forme à cette autorisation et déclaration, mais un courrier recommandé avec accusé de réception offrira la meilleure défense en cas de problème.

 

2 / Pour l’entretien de mon ULM :

A Je dois faire appel à un professionnel agréé par le constructeur. 0,39 %

B Je peux le faire moi-même en fonction de l’usure de l’appareil. 0,78 %

C Je dois me conformer strictement au manuel d’entretien publié par le constructeur. 49,41 %

D Le constructeur déclare un programme d’entretien mais je suis autoresponsable, j’entretiens donc ma machine en fonction de son état. 49,41 %

 

La bonne réponse est la C, comme rappelé dans ULMiste n°18. Trop d’ULMistes pensent encore qu’en matière d’entretien on fait ce que l’on veut. Pourtant, il n’en est rien, nous devons nous conformer au manuel d’entretien. La différence avec le certifié réside dans le fait que nous pouvons faire l’entretien nous-mêmes si nous nous en sentons capables et que l’état de navigabilité de la machine est déclaratif. En cas d’accident, les autorités comme l’assureur peuvent se réserver le droit d’éplucher l’entretien de l’ULM… en cas de procès, la partie adverse ne s’en privera pas !

 

3 / La masse à vide mon ULM dont je dois tenir compte pour mon devis de masse est :

A Celle qui est apposée sur la fiche d’identification de l’ULM. 38,04 %

B Celle qui est apposée sur la fiche d’identification de l’ULM plus une heure d’autonomie. 12,94 %

C Celle que j’obtiens en pesant la machine par mes propres moyens, en déduisant le carburant contenu dans le réservoir. 16,08 %

D Celle que j’obtiens en pesant la machine par mes propres moyens, en déduisant le carburant contenu dans le réservoir, carburant inutilisable ajouté. 32,94 %

 

Nous nous sommes ici amusés à entrer dans la logique qui semble être celle des QCM : le piège (voir ULMiste n°4). La bonne réponse est la C. Le carburant inutilisable n’est à prendre en compte que pour estimer son autonomie. L’enseignement de cette question est qu’une majorité d’entre nous pense que la masse à vide est celle qui est inscrite sur la fiche d’identification, ce qui pose d’autant plus problème que cette idée s’oppose à la simple logique : seule la balance donne une masse.

 

4 / Sur BASULM, j’ai repéré un terrain qui me convient, proche de ma destination finale et accessible :

A Je m’y présente et je m’y pose. 0,78 %

B Je m’y présente et je m’y pose en respectant les consignes publiées sur BASULM. 36,86 %

C Je dois d’abord obtenir l’autorisation du gestionnaire. 61,57 %

D Le gestionnaire me dit que ce terrain est réservé aux paramoteurs, mais cela n’existe pas, c’est un abus de pouvoir, j’y vais quand-même. 0,78 %

 

La C est la bonne réponse. Pour rappel, BASULM n’a rien d’officiel. Concernant la réponse D, il existe bien des terrains ULM réservés aux paramoteurs.

 

5 / J’ai connu une panne moteur, j’ai pu me poser sans encombre dans un champ dégagé :

A J’identifie la panne et, si possible, je répare et je redécolle. 31,37 %

B Je plie la machine, je préviens les copains, on repart sur remorque pour réparer la panne en atelier, proprement. 24,71 %

C Je téléphone à la Gendarmerie pour signaler cet incident et j’attends ses instructions. 33,73 %

D Je téléphone à la DSAC et j’attends son autorisation de redécoller, si la panne a été réparée, ou j’attends qu’un expert vienne inspecter la machine. 10,20 %

 

Réponse C. Suggestion aux instructeurs, l’apprentissage de la panne moteur ne devrait pas se résumer à l’aspect technique (pilotage) de la chose, mais intégrer l’aspect réglementaire et ce qui vient ensuite.

 

6 / Pour pouvoir prendre un passager, je dois :

A Etre titulaire de la qualification « emport de passager ». 4,71 %

B Etre titulaire de la qualification « emport de passager » et assuré en biplace. 76,08 %

C Etre titulaire de la qualification « emport de passager » et justifier d’au moins trois atterrissages et décollages dans les trois mois précédents. 16,08 %

D Etre titulaire de la qualification « emport de passager » et avoir une autorisation du président de mon club, déposée auprès de l’assureur. 3,14 %

 

On ignore trop souvent cette question des trois atterrissages et décollages dans les trois mois précédents, alors pourtant que l’arrêté de 1991 y inclut les ULM. Ce point précis s’oppose au fait que le carnet de vol n’est pas imposé à l’ULM, mais reste dans la loi. Précision, l’assurance biplace (qui est une individuelle accident), n’est pas obligatoire, seule une assurance RC couvrant les risques liés au terrorisme l’est, depuis 2005, ce qui n’englobe pas la notion de monoplace ou biplace.

 

7 / Pour tout vol dont le terrain d’atterrissage et décollage sont distincts, voici les documents qui doivent se trouver à bord de mon ULM :

A Carte d’identification, brevet de pilote, DNC et MAP si nécessaire, licence de station d’aéronef, plan de vol si établi, cartes appropriées à la route prévue. 17,65 %

B Carte d’identification, brevet de pilote, DNC et MAP si nécessaire, licence de station d’aéronef, plan de vol si établi, cartes appropriées à la route prévue, attestation d’assurance. 44,31 %

C Carte d’identification, brevet de pilote, DNC et MAP si nécessaire, licence de station d’aéronef, plan de vol si établi, cartes appropriées à la route prévue, attestation d’assurance, manuel d’utilisation et entretien de l’ULM. 27,06 %

D Carte d’identification, brevet de pilote, DNC et MAP si nécessaire, licence de station d’aéronef, plan de vol si établi, cartes appropriées à la route prévue, attestation d’assurance, manuel d’utilisation et entretien de l’ULM et procédures des signaux visuels d’interception. 10,98 %

 

Comme vu à la précédente question l’assurance RC aérienne n’est imposée que depuis 2005. L’arrêté de 1991 qui liste les documents à bord ne l’impose donc pas. Dans les faits, on peut considérer que, devenue obligatoire, il faut être en mesure de prouver qu’on est assuré. La bonne réponse est donc formellement la A, mais la B correspond désormais à une réalité. Précision, la licence de station d’aéronef n’est exigible que s’il y a une radio à bord, bien entendu.

 

8 / Je veux équiper mon ULM d’un parachute :

A Le dossier constructeur le prévoit, je peux donc le monter sans aucune déclaration et je bénéficie d’un surcroît de 5% sur la masse au décollage. 30,59 %

B Le dossier constructeur le prévoit, je peux donc le monter sans aucune déclaration et je bénéficie d’un surcroît de 5% sur la masse au décollage si et seulement si le constructeur le permet. 30,59 %

C Le dossier constructeur ne le prévoit pas, je ne peux donc pas le monter. 6,27 %

D Le dossier constructeur ne le prévoit pas, mais je peux monter le parachute en déclarant une modification majeure et je bénéficie d’un surcroît de 5% sur la masse au décollage. 47,45 %

 

La B est la seule bonne réponse : on ne bénéficie de la marge de 5% que si le constructeur le prévoit. La réponse D n’est fausse que sur ce point. Si le fabricant ne prévoit pas de parachute (ça existe encore !), alors il y aura modification majeure.

 

9 / En ULM, l’assurance est :

A Optionnelle. 9,41 %

B Obligatoire en responsabilité civile incluant les risques de guerre et piraterie. 12,55 %

C Obligatoire en responsabilité civile incluant les risques de guerre et piraterie, excepté pour les ULM à décollage à pied. 4,31 %

D Obligatoire en responsabilité civile incluant les risques de guerre et piraterie, ainsi qu’en biplace si on emporte un passager. 73,73 %

 

Voir question 6. La bonne réponse est la C, les décollages à pieds n’ont aucune obligation d’assurance, comme tous les ULM avant 2005. On peut toutefois considérer que la réponse B est recevable, dans les faits. Mais la joie du QCM est qu’il n’y a qu’une seule réponse parfaitement exacte…

 

10 / Je veux me poser sur une altisurface déclarée :

A Il n’y a aucune qualification en ULM, je peux donc y aller librement si mes compétences le permettent. 28,24 %

B Je dois être titulaire de la qualification « montagne » de la FFPlUM. 9,80 %

C Je dois être titulaire de la qualification montagne DGAC et avoir été agréé sur le site que je convoite. 11,37 %

D Il n’y a aucune qualification en ULM, je peux donc y aller librement si mes compétences le permettent, en m’annonçant obligatoirement à la radio sur la fréquence montagne. 50,59 %

 

La bonne réponse est la D.

 

Bilan

 

Sur les 10 questions, pour plus de 300 participants, seules trois questions, la 1, la 4 et la 10, obtiennent une majorité de bonnes réponses, la 2 montrant une égalité. Ce résultat pourrait sonner comme un échec, mais pourtant l’observation appelle des nuances dans le jugement et montre, encore une fois, les limites du QCM auquel on peut donner une fausse réponse tout en maîtrisant le sujet… et inversement. Que les conditions dans lesquelles le posé en campagne s’aborde soit connu est rassurant, car c’est la base de l’ULM. Sur l’entretien, nous savons tous qu’il y a un manuel d’entretien, mais nous sommes autant à croire qu’il est indicatif ou obligatoire. Or, c’est ici aussi, un fondement de l’ULM : les autorités nous ont confié l’autoresponsabilité à la condition que nous respections les règles. Sur la masse à vide, il est préoccupant que l’on puisse s’imaginer que c’est celle qui est inscrite sur un bout de papier qui prévaut. Le système est déclaratif et il est notoire que nombre de fabricants déclarent une masse « hors-taxes » comme on dit ironiquement, d’une part et, d’autre part, il s’agit de la masse d’une machine donnée qui a servi de référence et non pas de celle sur laquelle on est assis. Concernant la panne moteur, il n’y a pas gravité, mais connaître la marche à suivre sera toujours un plus. Une très large majorité d’entre nous pense que l’assurance individuelle accident biplace est obligatoire. Péché véniel, un Pater trois Ave et on y retourne. Concernant la parachute, c’est là aussi de moindre gravité, dans la mesure où le professionnel qui le vendra rappellera les règles.

 

Où l’on voit que la DGAC ferait bien de nous interroger sur la réglementation ULM, donc nous forcer à l’étudier, plutôt que de nous inonder de questions absurdes sur des situations auxquelles l’ULM ne se trouve jamais confronté, genre correction de dérive en fonction du niveau de vol en correction altimétrique standard moins l’âge du capitaine…

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