Morne plaine !

Article paru dans ULMiste n°19, mars 2015

 

Morne plaine !

 

Pierre-Jean le Camus

 

Prenons un type à moitié créole qui a passé son enfance en Australie. Pays culturellement européen où la neige comme la montagne ne sont qu'une vague vue de l'esprit, illustrée une fois l'an sur les cartes de Noël qui montrent des paysages enneigés que l'on reçoit en short, le front transpirant aux chaleurs de l'été austral. Un type qui, depuis 10 ans, a (re)fui les froidures européennes pour vivre dans un lieu où le froid commence à +15°. Imposons-lui d'aller voler en montagne, en plein hiver, dans la neige. Grand est le challenge, pour lui faire apprécier la chose !

 

J'ai vu et touché la neige pour la première fois à l'âge de 11 ans. Je ne me remettrai jamais de la violente déception : cette chose est froide, mouillée et congèle les membres… en plus du fait qu'elle emplit le paysage d'une immense tristesse, efface toute couleur, absorbe tout son, et donne à l'âme une mélancolie que l'on tente d'exorciser en se convainquant, sans résultat probant pour ma part, que mais si, c'est "joli"…

 

J'ai bien un peu volé en montagne, dans les Pyrénées essentiellement ou dans l'Atlas marocain. Mais quand il n'y fait pas froid. Je m'en fus, à plusieurs reprises, au rassemblement ULM sur neige qu'organisait le bon Claude Delluc à Avoriaz. J'y volai, même. Gilles Léger, testeur trois-axes de votre magazine, m'offrit un survol du Mont-Blanc, symbole ultime du vol en montagne, à bord de son P92. Un grand moment de vie, merci Gilles !

Tout cela fut apprécié. Mais le vol en montagne me stresse. Je trouve déroutant, venant des plaines, de voler non plus au-dessus de la planète, mais dedans. Lire 2500 mètres sur son alti alors que les reliefs sont toujours plus hauts, m'oppresse. Comme l'impression que quelque-chose va venir m'écraser. Il aura fallu qu'une enfant n'ayant jamais vu le froid demande à voir la neige pour que ses parents qui veulent lui permettre de devenir ce qu'elle est et non pas ce qu'ils en attendraient acceptassent, enfin, de joindre l'utile à l'utile en allant voir à Valmeinier, du côté de chez celui que l'on présente comme le Mage du vol en montagne en pendulaire : Franck Toussaint. Plus de 15 ans que l'on m'exhorte à aller voler avec lui dans ses montagnes. Nous y voici !

 

Une fois installés et inscrits au cours de ski pour les filles, coup de fil à Franck pour voir comment ça se passe. Ça se passe que la météo n'est pas top-top cette semaine, mais qu'on trouvera bien un créneau. Le lendemain matin, appel : "c'est maintenant, t'es où ? – Je suis au club Piou-Piou, à 1800 – J'arrive, descends au hangar à dameuses"

Je suis en mode touriste intégral, vu que je ne skie pas et que là j'étais juste venu voir la gamine, les pieds sur des skis pour la première fois de sa petite vie de pas encore quatre ans : pantalon de toile légère, baskets, vague coupe-vent de parapente estival… je descends dans les pentes, glisse, tombe, m'enfonce, je vois passer le pendulaire que je puis observer se poser vu d'au-dessus (!), m'y voici. Un endroit a priori propice à tout, sauf à poser un pendulaire. Le chemin d'accès est très en pente et en virage, mais c'est là que ça pose quand Franck fait voler des non-skieurs… il m'observe, peiné : "t'as rien d'autre à te mettre ?" me file un blouson et une paire de moufles, que je ne mettrai pas pour pouvoir prendre des photos. Mon sac à dos encombre, il m'annonce qu'on va le déposer en haut, sur sa piste habituelle. Installation sur le siège arrière, feu ! Décollage dans la pente, en virage, à hauteur des arbres avec moins d'une envergure de chaque côté.

Normal.

On monte direct poser en haut pour jeter mon sac au pied du chalet chauffé qui sert de QG journalier à Franck et Nath, son épouse qui vole également et baptise tout comme lui ! En route, je m'assure que tout va bien côté Piou-Piou, que l'on survole. Inutile de dire que je me gèle les miches sévère mais il paraît que correctement habillé, ça va mieux. Le posé en haut est impressionnant, approche à fond les bielles vers la montagne, ça va taper… mais non, ressource, franche décélération, arrêtés en moins de cent mètres de glissade, sans frein (y'a pas). Les conditions ne permettant pas de sortir tout le grand jeu, posés sur les crêtes et compagnie, Franck m'emmène d'abord poser de l'autre côté de la vallée, sur l'altisurface ULM de Valloire où officie Christophe Desponds, remplacé pour quelques jours par Joël Poulain, instructeur ULM au Mans. Trois minutes de vol pour ce qui prendrait au moins vingt fois plus de temps par tout autre moyen. Après quelques salamalecs, on repart pour un grand vol local à la découverte des environs.

On se sent tout petit, mais cette sensation de tout dominer, celle-là que nous aimons dans les airs, est quand-même un peu là. On vole dans la montagne, peut-être que jusqu'ici je n'avais fait que la survoler. Y'a pas, en pendulaire, c'est autre chose ! On lèche les pentes. Le temps de cligner de l'œil le "sol" passe de 10 à 2000 m sous les skis… C'est flippant… oui. Et c'est ce qui est plaisant. Ça va vite, faut regarder partout, y'a du rythme, le froid cingle les genoux, le soleil sur la neige défonce la rétine, l'altitude et ces reliefs oppressants, écrasants, donnent le tournis. Quelle violence a pu donner naissance à ça ? Neige, roche brute, lumières éclatantes, sommets vertigineux, sombres profondeurs des vallées. Solitude. On est ivre, bientôt dépendant. On en veut encore et encore et encore. Salope ! Je t'aimais pas, te trouvais froide, laide, et voilà que tu m'as fouettée, et que j'ai aimé ça…

Morne plaine. J'ai compris "morne plaine". Et j'ai perdu mon Waterloo !

 

J'y reviendrai !

 

...

 

Franck Toussaint, profession baptiseur !

 

Depuis combien de temps pratiques-tu le baptême en montagne sur skis ?

 

FT : j'ai commencé en 1986 à Montgenèvre, puis une saison à Serre-Chevalier, puis ici. Les deux premières années, je volais également l'été, mais la saison est trop courte et l'après-midi, c'est assez turbulent, donc on ne vole pas, ça ne fait pas marrer les gens. Au début je volais sur Valmeinier et Valloire. Ce que je veux, c'est que les gens descendent contents, je fais donc très attention à la dose de turbulence que je sais acceptable. L'objectif est qu'ils aillent dire à leurs copains "vas-y, c'est formidable" et que ça déclenche des vocations. En revanche, l'hiver, on n'est pas embêtés par les thermiques, on gère le dynamique et bien sûr les conditions de visibilité.

 

Tu vois donc plus loin que ton petit business, que la rentabilité immédiate ?

 

Ah oui, je crois que j'étais fait pour faire ce truc-là. Ça fait trente ans que je fais ça et j'aime toujours ! Quelque-part, en partageant ta passion, tu la multiplies ! Je trouve ça extrêmement valorisant, en plus en baptême c'est toi qui pilote ! Je ne vois pas ce que je pourrais faire de mieux !

 

Qu'est-ce qui t'a emmené à l'ULM ?

 

Selon ce à quoi on croit, le hasard ou une sorte de prédestination. Je gagnais ma vie dans la planche à voile et le ski et quand j'ai découvert l'ULM par hasard, j'ai senti une glisse magnifique avec une nouvelle dimension !

 

La parenté entre le pendulaire et la planche à voile ?

 

Oui, aussi. Si j'avais vu passer un trois-axes, je n'aurais peut-être pas accroché. Je faisais du speed-sail, sorte de planche à voile à roulettes. Une espèce d'illuminé est venu se poser avec sa trapannelle. Je n'en avais jamais vu ni entendu parler, j'ai halluciné et fait mon premier vol ! Mais je me souviens que dans la cour de l'école, les avions en papier qui montaient le plus haut étaient les miens, à même pas dix ans, j'avais construit un avion avec une hélice à élastique. Il n'y a pas que du hasard.

 

Dans la planche et le ski, tu enseignais ?

 

Je me suis assez vite rendu compte des limites de l'enseignement. C'est très valorisant de partager son savoir et on a tous envie de faire des choses valorisantes, mais les élèves ont vite tendance à te bouffer ta passion. J'étais moniteur de planche à voile, j'ai créé une école en Grèce, c'était génial, mais à la fin de l'été j'ai compris que je voulais faire de la planche à voile, j'ai donc mis l'enseignement de côté. En ski ça m'a fait la même chose, je suis parti dans l'enseignement. Un jour, assis à la terrasse le midi, je vois les pisteurs qui descendent. A vingt ans, le blé t'en as rien à foutre et en voyant les pisteurs, je me suis dit "c'est eux qui ont bon !" Même s'il gagne moins bien sa vie que le moniteur, le pisteur skie pour sa gueule, je suis donc parti dans ce créneau.

Et dans l'ULM, j'ai fait pareil, je ne suis pas parti dans l'enseignement. J'ai fait de l'hydro, j'ai construit des machines et très vite les baptêmes. Ceux qui ont commencé en même temps que moi et ont mis leur fond de commerce dans l'école ont presque tous arrêté au bout de dix ans.

 

Et la formation ?

 

J'ai appris avec Willem Vlugt et passé mon brevet en 1984. C'était pas les tous débuts, il y avait déjà des machines abouties.

 

Lorsque je suis venu te voir il y a dix ans dans l'Ardèche où tu baptises l'été, j'étais très curieux de voir comment on peut gagner sa vie en faisant des baptêmes, sans se lasser. J'ai alors compris que la première qualité, que je n'ai sans doute pas, est qu'il faut aimer les gens.

 

Oui, tu as raison, mais pas seulement. Peut-être que je suis un peu mégalo et que j'ai aussi envie d'être aimé. Mon boulot ce n'est pas que voler, mon boulot c'est partager ma passion ! C'est un kif absolument magnifique ! Ce que je veux, c'est que les gens comprennent pourquoi j'aime ça. Il m'est peut-être arrivé trois fois que ça ne fonctionne pas, mais j'ai compris que c'est ça le plus important ! Et c'est parce-que j'ai compris ça que je gagne bien ma vie. Parmi les gens que j'ai formés et qui se sont essayés au baptême professionnel, peu ont réussi. Avoir un oiseau dans la tête est la base, mais ce n'est pas tout à fait suffisant.

 

On est loin des moniteurs de parapente, qui à certains endroits ou époques en tous cas, s'amusent à faire vomir leur passager.

 

Ça c'est débile ! Au niveau du business avant tout ! Le but est que le mec descende et aille dire à se copains "faut le faire !" S'il a vomi, il t'envoie personne. En ULM, certains veulent montrer ce qu'ils savent faire. Ils font des manœuvres radicales, envoient des g, c'est absolument débile ! Tu auras eu l'illusion de leur faire croire que t'es bon, mais en réalité ils se sont fait peur…

 

Et de toutes façons ils ne sont pas en mesure de juger de ce que tu fais.

 

Et en plus l'ULM n'est pas fait pour ça ! En baptême, il faut rester très loin de ses propres limites. Seul à bord, en essai pour Air Création ou dans mes montagnes, je fais des trucs poussés, mais en baptême, c'est fini ! Si je vais poser avec un passager dans un col, je suis toujours venu avant faire une trace tout seul.

 

Le second volet de ton activité ici est la formation au vol en montagne, qui se destine bien sûr à des gens qui sont déjà pilotes pendulaire. Fais-tu une sorte de présélection ?

 

Non, je peux prendre n'importe qui. Il m'est arrivé de prendre une élève pas lâchée, je lui ai fait faire autre chose. Mais meilleur est le niveau, plus ce sera intéressant pour l'élève et pour moi, bien sûr ! Il est difficile de définir quel est le bon niveau, mais je peux parler du profil idéal : il faut un pilote qui skie. S'il est bon skieur et petit pilote, c'est mieux que l'inverse ! Dans le vol montagne, il y a un peu de théorie sur l'aérologie, qui n'a rien d'extraordinaire, ce sont les mêmes phénomènes qu'en plaine, c'est juste plus fort, donc l'humilité doit être supérieure. Le vol en lui-même ne prend pas beaucoup de temps, sinon par l'adaptation à l'altitude, qui réduit la puissance et augmente les vitesses. Mais tout le travail est dans la glisse et la connaissance de la neige, qui peut changer en deux heures. Quand on se pose, c'est en pente, il n'y a pas de frein. C'est ici qu'un bon skieur aura des avantages, ou quelqu'un qui a conduit sur la neige, par exemple. Savoir contrebraquer au bon moment, anticiper, etc.

 

Combien d'élèves par hiver ?

 

L'an dernier une vingtaine, ça augmente petit à petit. Air Création m'envoie du monde, d'autres viennent d'eux-mêmes.

 

Il y a un objectif, ou c'est à la carte ?

 

C'est à la carte. Je suis presque le seul à faire cela, notamment en hors-piste. Les gens viennent et en prennent pour leur budget, sans finalité. Il faut qu'ils prennent du plaisir et chacun fait en fonction de ses moyens et envies. C'est 2,50 € par minute au compteur-horaire, chacun fait comme il veut. On y passe bien sûr beaucoup plus de temps, mais je ne fais payer que les minutes où le moteur me coûte de l'argent.

 

Il y a donc de la théorie et de la pratique ?

 

Je ne pas un grand théoricien, je suis quelqu'un de terrain. Je privilégie la pratique. C'est la raison pour laquelle j'ai peu d'instruments sur la machine. Celui qui s'est habitué au badin, je vais lui faire sentir comment on gère la vitesse dans la barre de contrôle ou aux sensations sur le visage. J'ai établi quelques règles d'or dont on parle avant le premier vol, ensuite c'est un peu en allant, pour la théorie, en fonction des situations.

 

Peut-on caractériser un bon pilote montagne ?

 

C'est quelqu'un qui a beaucoup glissé !

 

Peut-on être bon pilote dans sa montagne et complètement perdu dans celle d'à-côté ?

 

Bonne question ! Bien sûr, la montagne apprend l'humilité ! On peut être très bon dans son spot et complètement perdu dans la montagne de derrière. Ça peut donc être un vrai problème. On se rend compte qu'on est tout petit au milieu de tout ça. Il faut demander aux gens du coin comment ça se passe.

 

Donc, celui qui vient de sa plaine pour voler avec toi ça se plaire plaisir et c'est le but premier, mais est-ce que ça lui servira à quelque-chose ?

 

J'en suis convaincu. Quand on travaille le hors-piste, il n'y a pas de piste, pas de manche à air, il faut créer sa piste. il faut être d'une extrême précision. Les heures montagnes, ça compte double au niveau de l'expérience, c'est évident. Ma piste fait 100 m de long, elle est à 2 200 m d'altitude et on n'a pas de frein, donc quand on bosse là-dessus, on est à un mètre près. Je touche très peu les commandes, je fais tout à la voix, à la seconde près "remets un poil de gaz, tire un peu, etc." Et une fois en finale, pas de remise de gaz possible, en montagne il y a un point de non-retour.

Je constate que les gens qui viennent me voir se retrouvent à faire des choses qu'ils se croyaient incapables de faire et je suis là pour ça. Je ne suis pas là pour leur montrer combien moi je suis fort, mais pour leur montrer comment eux peuvent faire des choses dont ils n'ont pas conscience. Dès la deuxième leçon, on y est. Et ma grande satisfaction est de voir des pilotes un peu lassés qui en avaient marre du tout de piste et qui repartent chez eux, changent de machine, repartent en raids, y reprennent goût ! Je les sors de leur routine. Je leur parle beaucoup de contre-pente, progressivement, en fond de vallée, en haut des montagnes, etc. En école, je ne peux pas aller aussi loin que ce que j'arrive moi à faire, genre poser sur des murs presque verticaux, mais on peut aller très loin malgré tout.

 

Et la météo ?

 

Il est très rare qu'en une semaine on ne puisse pas voler, mais l'avantage d'ici est qu'il y a le ski et autres activités de montagne. Les gens viennent pour skier et quand ça vole, on y va.

 

Concrètement, tu t'occupes de quoi ?

 

J'indique le site internet de la station, tout y est très bien organisé pour trouver l'hébergement, etc., ils m'appellent avant, je peux donner deux-trois tuyaux et une fois qu'ils sont là on y va.

 

Quelque-chose à ajouter ?

 

On peut parler de l'atterrissage en contre-pente ?

 

L'an prochain, je passe en place avant et on en recausera à ce moment-là, si tu veux bien !

 

 

Entendu au club Piou-Piou (2 – 5 ans), au bruit du Rotax :

"Regarde, l'uyèyème !

Non, c'est un avion !

Mais non, c'est un uyèyème et c'est mon Papa à moi !"

Il n'y a pas d'âge pour commencer les débats de fond…

 

 

Valmeinier est une station créé en 1973, implantée au-dessus du village même, qui compte 460 habitants permanents, accroché au-dessus de la vallée suspendue de la Neuvache n'ayant qu'une seule ouverture vers le nord. Le domaine skiable Galibier-Thabor (Valmeinier – Valloire) cumule 150 km de piste, 400 enneigeurs, 30 remontées mécaniques et culmine à 2600 m. Dans le village (1500 m), d'où partent des remontées, comme dans la station au-dessus (1800 m et 1950 m), on trouve tout ce qu'il faut pour passer du bon temps : commerces, bowling, night-club, patinoire (actuellement inactive), loueurs de skis, moniteur, club Piou-Piou pour les enfants, etc. Et bien sûr des hébergements en nombre (15 000 lits) et très abordables hors-saison : 250 € la semaine pour un deux-pièces de quatre personnes avec cuisine équipée ! L'accès est facile, tant en autonome qu'en transports en commun.

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