Elodie Tatu

Article paru dans ULMiste n°20, août 2015

 

Elodie Tatu

 

ULMiste : qu'est-ce qui t'a amenée à l'ULM ?

 

Elodie Tatu : je ne sais pas pourquoi mais j'ai toujours eu envie de voler, ma famille n'est pas du tout dedans, mais j'avais cette envie. Il y a une dizaine d'années j'ai passé mon brevet de base avion à St Chamond, sans passer l'examen pratique. Arrivée dans la région, j'ai voulu m'y remettre et c'est ainsi que je suis arrivée à Pizay. Je ne connaissais pas spécialement les ULM, mais en essayant, j'y ai pris goût et me suis mise au paramoteur. Puis dans la foulée le pendulaire.

 

Pourquoi n'as-tu pas poursuivi le paramoteur ?

 

Je me suis vite rendu compte que je préfère quand le moteur est coupé, donc autant faire du parapente. Et physiquement, c'est un peu plus compliqué, il faut porter le moteur, etc. J'en suis donc restée au pendulaire pour le moteur, j'ai appris essentiellement avec Samir et un peu avec Matthieu Rouanet. J'ai commencé en avril 2014, brevet en novembre, kit reçu en décembre.

 

As-tu trouvé le pendulaire physique ?

 

Un peu au début comme tout le monde, mais maintenant ça va.

 

Qu'est-ce qui t'a amenée à acheter un Pixel ?

 

Je ne voulais pas d'une occasion éventuellement en mauvais état. Un monoplace m'était suffisant. Je n'aurai pas souvent l'occasion d'emmener du monde, donc une machine seulement pour moi me va bien. Neuve pour la sécurité et le fait de la construire moi-même du kit m'intéressait beaucoup. En progressant dans l'ULM je me suis vite rendue compte que l'aspect mécanique est important et qu'il faut donc bien connaître sa machine et savoir intervenir dessus. La construire soi-même permet de la connaître par cœur.

 

Quelles étaient tes notions de mécanique, à part l'aspect manuel de ton métier d'opticienne ?

 

En motorisation je n'y connaissais rien, mais je savais me servir d'un tournevis, des outils de base. C'est sur le moteur que j'ai appris le plus.

 

Quand tu étais enfant, tu étais plutôt mécano ou poupée ?

 

Mécano, pas poupée, un garçon manqué. Mais je pense que tout le monde peut y arriver. Les femmes sont bien accueillies dans le milieu ULM, en plus.

 

Le kit du Pixel n'est pas que du mécano, il y a aussi des perçages à effectuer…

 

Oui, j'ai appris des choses sur le tas, comme riveter par exemple, je n'avais jamais fait. C'était la première étape. Le manuel de montage est très complet, surtout pour le chariot. Pour l'aile, c'était un peu plus délicat, j'ai trouvé. Mais Samir et Pierre (le mécano de Pizay NDLR), m'ont apporté plein d'astuces, puisque j'ai monté mon kit sur l'aérodrome. La plus grosse difficulté pour moi a été le faisceau électrique au niveau du tableau de bord. On doit tout monter et faire des découpes sur la bulle. Les réglages du moteur sont délicats aussi, on a peur de tout casser quand on le démarre pour la première fois.

 

Combien de temps ?

 

Sans me presser, je l'ai fait sur un mois, en parallèle à mon travail bien sûr.

 

Quel type de vol aimes-tu ou ambitionnes-tu de faire ?

 

Des voyages et amener l'ULM avec moi sur remorque. Jusqu'ici j'ai beaucoup volé dans le coin en rodage mais le but est d'aller se balader plus loin, à plusieurs.

 

Que penses-tu du milieu de l'ULM ?

 

Très accueillant ! Tout le monde est disponible pour répondre aux questions que l'on se pose. Tout le monde est sympa même quand on ne se connaît pas. C'est agréable et en tant que femme, on est encore plus aidée ! On me porte les bidons, on me sort les ULM, etc., c'est très sympa !

 

Par rapport à l'avion ?

 

Ça ne se pilote pas de la même façon, on est à l'air libre, on est en contact direct avec son aile, c'est très différent ! Je trouve le pendulaire beaucoup plus agréable, ça se pose très court donc en cas de panne moteur on est beaucoup plus sereins ! Bon, il faut se couvrir l'hiver !

 

Que dirais-tu à quelqu'un que tu chercherais à convaincre de faire comme toi, partir sur un monoplace en kit en première machine ?

 

Beaucoup de pilotes achètent des machines biplaces alors qu'ils ne voleront jamais en bi. Il y a donc déjà une économie à ce niveau-là. La machine consomme beaucoup moins, elle est moins encombrante et le kit permet de vraiment bien connaître sa machine. A chaque prévol, je sais ce qu'il faut surveiller plus particulièrement.

 

L'avoir montée toi-même ne peut-il pas générer ou entretenir une inquiétude ?

 

Je n'ai pas fait le premier vol, c'est Samir. Mais c'était très stressant, oui ! J'ai été rassurée par ceux qui ici ont déjà monté des kits Pixel et ont tout contrôlé au fur et à mesure.

 

Le lâché sur le Pixel après les leçons en biplace a-t-il posé problème ?

 

Aucun problème, à part la position de l'assise un peu plus couchée, rien de déconcertant. C'est très léger aux commandes mais on s'y fait vite.

 

As-tu des commentaires particuliers à faire sur le milieu ULM ?

 

Pas grand-chose… j'ai conscience que j'ai été dans une bonne école, je m'en rends bien compte.

 

A quoi t'en rends-tu compte ?

 

J'ai eu l'occasion de parler avec d'autres pilotes formés ailleurs et des élèves d'ici qui arrivaient d'autres écoles… instructeur jamais disponible, manque de rigueur, machines en mauvais état…

 

Selon quels critères doit-on choisir son école ?

 

Il faut avoir confiance en son instructeur, être assez proche géographiquement, il faut surveiller l'état des machines, le nombre d'instructeurs… se méfier des avis sur internet où les gens sont toujours plus enclins à dire du mal que du bien…

 

Tu t'es déjà fait des frayeurs en vol ?

 

Oui, mais j'ai toujours voulu y retourner ! Rien de dangereux, mais par exemple une bonne rafale… je me suis fait plus de frayeurs en paramoteur : j'ai eu une panne moteur, me suis retournée en chariot.

 

Tu navigues comment ?

 

A la carte ! J'ai appris comme ça et c'est génial. Je n'ai jamais navigué avec un GPS. La carte ne tombe jamais en panne, et naviguer en cheminement est très simple.

 

Quels sont tes projets ?

 

J'aimerais bien carrément changer de métier pour travailler un jour dans l'ULM. Assez logiquement, je pense à l'instructorat mais il me faut encore de la bouteille !

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