Bois-de-la-Pierre 2010

Article paru dans ULMiste n°2, août 2010

 

Bois de la Pierre 2010. C’est quoi l’autogire ?

 

Tous les ULMistes savent que chaque année se tient au Bois-de-la-Pierre le rassemblement des autogires de France et d’ailleurs. Moi aussi ! (ouf, pas complètement inculte !) Ceci mis à part un autogire c’est quoi, comment, où, je n’en savais trop rien !

 

François Chapperon

 

Le Bois-de-la-Pierre, c’est une magnifique piste en campagne au Sud de Toulouse, fief du Gyro club Toulousain,  présidé par Jean-Marie Varga assisté de fidèles grognards, figures incontournables du mouvement autogire, comme Xavier Averso et d’autres (ils ne m’en voudront  pas de ne pas les citer tous). On avait prévenu que je viendrai... Sauf qu’en vol c’était interdit... Pas de NOTAM  évidemment, pas de radio à l’arrivée en visu du terrain. Je fais mon circuit là où il faut et je vois au milieu de la piste un monsieur qui agite deux drapeaux rouges ! Remise des gaz et deuxième tour, toujours pas de radio à l’écoute... finale, plus personne au milieu de la piste... je me pose... long et me fais gentiment remettre les bretelles en place par le président, pas d’ULM autre qu’à voilure tournante sur la piste aujourd’hui ! Devant le sésame du magazine et mes plates excuses, tout s’arrange et je suis invité à me promener plutôt deux fois qu’une ! Merci Monsieur Varga !

Il faut rappeler que l’organisation est totalement bénévole et devient de plus en plus dure à assumer... Les bonnes volontés nouvelles sembleraient être les bienvenues...

Première impression, on est au premier jour et il y a du monde ! Je dirai une bonne cinquantaine de machines ! Ça “habla Espanol”, ça “answer english”, ça “was ist das” en germain et ça fait des signes en italiano ! Le Bois-de-la-Pierre a fait l’Europe, au moins celle de l’autogire.

Tous les autogires sont là ou presque!  Au final une diversité incroyable de machines entre les mains de particuliers ou de professionnels.  Je vais tâcher de vous transmettre ce qu’un total béotien a pu apprendre en une après-midi d’entretiens avec les vieux loups de la meute !

N’oublions pas que ce rassemblement est avant tout né de la volonté de passionnés de se retrouver pour échanger, en particulier les astuces de construction de leurs drôles de machines. C’est encore aujourd’hui ce qui anime la majorité des participants, même si les machines clés en main ont fait une sensible percée sur le marché et sur le rassemblement. Il y a bien quelques stands de professionnels, mais c’est l’esprit de la construction amateur qui donne son âme à la fête !

Si certaines machines sont moyennement soignées, d’autres présentent une qualité de finition et des détails qualitatifs vraiment surprenant sur des machines “amateurs”.

Si pendant des années l’autogyre a été le domaine réservé de constructeurs amateurs (et il y en a encore manifestement) de “grandes marques” se sont progressivement installées sur un marché qui reste tout de même bien étroit. Magni et Brako  d’Italie, Ela et Airbet d’Espagne, Autogyro d’Allemagne, Célier Aviation de Pologne, importé par Air Copter. Voilà, pour les grandes marques.

 

Un autogire comment ça marche ?

 

Les autogires sont munis d’un rotor à deux pâles qui varie de 7 à 7,5 mètres d’envergure pour un monoplace et de 8 à 8,5 mètres pour les biplaces. Ce rotor va constituer une voilure tournante, qui ne sera plus entrainée que par la vitesse de déplacement dans le vent relatif et son angle d’attaque dans l’air (en dehors de la phase de pré-lancement assisté au sol). Pour le propulser dans les airs et provoquer cette autogiration du rotor, il faut un G.M.P. (ou tracteur, mais c’est bien plus rare).

Au sol, on pré-lance le rotor jusqu’à environ 200 tours minutes. Ensuite, manche au ventre et gaz à donf ! On relâche doucement le manche pour optimiser prise de vitesse et sustentation et hop ça décolle ! Enfin y en a qui ont essayé et c’est vous qui voyez ! Moi je ferai certainement l’essai bientôt !

 

L’autogire c’est pas un truc dangereux ça ?  

 

L’autogire est un appareil au pilotage hybride. Il est à la fois un trois axes et un pendulaire. Il faut donc faire la synthèse des deux en sachant tout de même que c’est l’expérience trois axes qui se rapproche le plus, du pilotage d’un autogire. Les machines ont fait des progrès considérables et surtout il existe des composants fiables disponibles. Ce ne fut pas le cas pendant les années où les constructions étaient majoritairement “amateurs”, chacun “bricolant” des pièces et des commandes sans forcément disposer des compétences pour choisir les bons matériaux et concevoir  les pièces les plus robustes et fonctionnelles et optimiser les réglages en particulier des pales du rotor.

L’essentiel d’un autogire reste le rotor, même s’il est évident que le moteur sera fortement sollicité par une propulsion indispensable à la giration de ce dernier. Un rotor parfaitement équilibré et le tour est joué ! Enfin c’est ce que disent les expérimentés, comme Jean-Pierre Doleac (Air Copter) qui a bien voulu me donner un vernis de connaissances. Il commercialise son propre rotor sous licence pour certains industriels. Ou encore comme Xavier Averso, qui lui aussi propose “son” rotor aux constructeurs amateurs et qui me guidera quelques temps dans le parc des machines présentes.

La machine est exigeante en puissance. Les motorisations sont sollicitées à un régime continu relativement élevé, avec une consommation en rapport... Les rayons d’action sont donc relativement plus limités comparés à un trois axes par exemple, à vitesse égale.

Par contre, une fois le rotor démonté et posé sur la galerie de la voiture, l’autogyre est une machine bien facile à transporter par la route sur une remorque peu encombrante. Du coup, partir en voyage avec son ULM parait tout à fait envisageable quelle que soit la météo !

 

Micro pelouse...

 

Dans ce microcosme d’environ 400 pratiquants en France, il se passe des choses et ça bouge !

 

Si la société Air Copter par exemple, continue à proposer des kits de sa conception à ses clients, elle importe maintenant le Xénon de Pologne, un superbe biplace cote à cote, bipoutre, avec un empennage esthétique et efficace, une coque tout carbone plus  légère... mais nous aurons peut-être l’occasion d’en reparler dans un prochain numéro.

 

Brako Gyro est une entreprise particulièrement réputée en mécanique. La mise au point d’un 912 Turbo compressé de 122cv est à souligner. Mr Pagotto, le boss, est parti d’une base de 912 UL (80cv) et a mis en place un turbo avec un contrôle par soupape mécanique et non électronique.  Son biplace en tandem en est équipé ; c’est beau et efficace.

 

“Air Evolution” une nouvelle société, présentait sa création, le “Cruiser”. Son créateur serait un transfuge de Ela... Astucieux sur ce modèle en tandem, un kit permet de fermer complètement la cabine ! Si beaucoup volent sur des machines de construction personnelle, à un prix parfois raisonnable, ces nouvelles machines, livrées clés en main, vous coûteront entre 40 et 80 000 € suivant modèles et équipement.                                     

 

 

 

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