Jean-Luc Menier

Article paru dans ULMiste n°2, août 2010

 

Jean-Luc Menier

 

Quiconque a déjà un peu traîné sur les listes et forums internet concernant l’ULM y a déjà lu la prose énergique et sans langue de bois d’un certain “radio6ulm”. Si son orthographe incertaine dissimule mal un esprit bien plus fin qu’il n’y paraît de prime abord, c’est un trésor d’homme que l’on découvre quand on lui rend visite dans son magnifique écrin : la Base ULM des Châteaux, au bord du Cher, à trois tours d’hélice à l’est de Chenonceau.

Pour ma part, depuis que je me suis livré à l’expérience sur les chaudes recommandations de Gaétan de Truchis, lassé de nos incessantes engueulades virtuelles, j’appelle l’animal “Tonton”, avec une grande tendresse. Causons un peu avec lui, en attendant que, toi aussi, tu ailles passer le pont.

 

P-J

 

ULMiste : Comment es-tu arrivé dans l’ULM ?

 

Jean-Luc Ménier : Histoire pas banale, j’étais en invalidité et au chômage et je m’intéressais à fond à l’informatique et l’électronique, mon gamin m’a demandé un jour de lui monter un PC et de le configurer pour un copain. Il était instructeur, ce copain, en échange j’ai fait un tour d’initiation et il m’a fait passer mon brevet, je connaissais à peine l’ULM, c’était du domaine du rêve pour moi, c’est devenu réalité. Mon père, lui, a été mécano avion et a commencé avec Pierre Robin au Breuil, il s’occupait de la mécanique et Pierre du reste, donc forcément déjà j’avais des microbes volants dans le sang et j’avais déjà fait du modélisme. Voilà comment a débuté mon entrée dans l’ULM. C’était en 2000.

 

ULMiste : Et malgré cette enfance baignée dans l’aéronautique, tu n’avais jamais ressenti l’envie de voler pour de vrai ?

 

Jean-Luc Ménier : Si, mais j’ai eu des problèmes d’oreilles, suite à une descente de voiture, une Bugatti, ça m’a éclaté les tympans et ça s’est infecté. Je suis devenu sourd, donc pas possible de piloter et même le permis voiture m’avait été refusé, donc je me suis tourné vers l’aéromodélisme. Ensuite j’ai pu passer mon permis moto puis voiture, je me suis intéressé à la moto pour revenir au modélisme, puis informatique électronique et radio amateur en pirate. Je construisais mes appareil de décodage morse et rtty ainsi que packet radio sur zx81 puis commdire 64 et pour finir pc en sstv voilà par où je suis passé en résumant pour arriver à l’ULM.

 

ULMiste : Et donc l’ULM t’a permis de voler. Ta formation s’est-elle bien passée ?

 

Jean-Luc Ménier : Ma formation s’est bien passée, assez sévère, mais je regrette pas, ça a duré environ 1 an et 20 heures, mais bon vu que c’était gratuit je pouvais pas en demander plus, en plus le jour où Marc mon instructeur a voulu me lâcher j’ai pas voulu, il est donc remonté dans le Sky, on a redécollé. Il m’a fait faire une verticale terrain 1000ft et m’a coupé les magnétos, y’avait pas de démarreur donc fallait ajuster, je me suis posé nickel et là j’ai dis à mon instructeur “ok pas de problème après cette entourloupe je me sens prêt”, il est descendu, a pris son casque en me disant “ça me fera un souvenir en cas”, et je suis parti, l’adrénaline a monté jusqu’au point d’arrêt. Ensuite tout est devenu machinal, houlà mais ça monte fort en solo, je me suis reposé après un tour, content de moi, ensuite ça a été panne moteur, vent de travers, vent assez fort, glissade, PTS , etc. Jusqu’au brevet, mes navs ont toutes été réussies, malgré un jour que y’avait les crues, comme un idiot j’avais pris des rivières comme points de repères et c’étaient des étendues d’eau à perte de vue mais je m’en suis sorti.

 

ULMiste : Bon, le brevet, c’est bien beau, mais ce n’est pas avec ça que l’on vole ! Il t’a bien fallu acheter une machine, un jour ou l’autre.

 

Jean-Luc Ménier : Bah oui mais là y’a eu un concours de circonstances malheureuses, je devais acheter un appareil, malheureusement la veille de le prendre il s’est crashé, en plus sous mes yeux, je venais d’être breveté, ça fout un choc, le copain a été évacué en hélico dans un état grave, le Sky était foutu évidement, j’avais débloqué des tunes à la banque en mixant le crédit ULM et maison, moyennant évidemment une surprime pour l’assurance crédit à cause du loisir à risque qu’ils disent. Fallait donc que je trouve un appareil très vite pour me remettre dans le bain après ce choc émotionnel, j’ai trouvé un Sky a Nîmes Courbessac, une affaire en or à cette époque, Skyranger avec 912 de 458h avec casque Lynx en 2001 pour 90.000frs, les 912 n’étaient pas très répandus comme maintenant, autant dire que pour moi c’était un monstre de puissance, je suis allé le chercher 2 fois, pas pu le ramener cause météo la première fois et la deuxième fois j’y suis allé avec plateau et camion, voyage mémorable en avril avec tempête de neige, sableuses sur l’autoroute, déroutement cause accident vers une sortie où je connaissais pas, Millau à traverser, y’avait pas le viaduc, pour rentrer par contre tempête de ciel bleu mais vent très violent. Bref voyage de fou 22h de conduite sur une journée de 24h faut être motivé mais surtout cinglé ! Ensuite a fallu que je remonte le Sky, et c’est Jean-Philippe Binet qui l’a pris en main, il a fait un tour de piste avec moi puis est descendu en disant “c’est bon ça vole tout seul” et je suis reparti aussitôt, oubliant toutes les misères, heureux comme un roi. A cette époque le 912 faisait bien des jaloux, je passais pour un nanti, m’en fous y tourne toujours mon 912, j’ai fait 1000h de vol en 10 ans ce qui pour un particulier est pas mal et je vole toujours avec, après l’avoir refait entièrement à mon idée y’a déjà 4 ans.

 

ULMiste : C’est à dire, “refait à ton idée” ?

 

Jean-Luc Ménier : Disons qu’à la suite d’une casse hélice sur un terrain que je citerai pas, ils avaient tondu mais pas le taxiway et pour tondre les balises étaient sur le taxiway, puis ont été remises sauf une qui a été pour moi ! A fallu que je démonte le Tintin, (surnom que j’ai donné a mon Sky), puis que je le rapatrie, évidemment je faisais la gueule d’autant plus que mon hélice étant en réfection pour contrôle et réparation de petits gnons. Un copain, Jonnhy, m’avait prêté la sienne et comme de bien entendu c’est la sienne que j’ai cassée, bref, arrivé à la maison, j’ai voulu remonter le Tintin tout seul, une aile m’a échappé et le câble de commande d’aileron a découpé la toile, j’étais en rage, j’ai pris un cutter et j’ai découpé toute la toile du Sky, comme ça obligé de refaire tout et c’est là que j’ai commencé a contrôler, à trouver des traces d’usure anormale, des bricoles que je trouvais pas très aéro comme les tubes aplatis avec un trou pour les articulation, c’était fonctionnel, pas cher, mais pas à mon goût, j’ai donc tout désossé entièrement et commencé à modifier, à mettre des rotules d’hélico partout, j’en avais pas mal, ainsi que des boulons titane, j’ai remplacé le contreplaqué par du carbone, et surtout refait un entoilage avion en dacron en retaillant des nervures avec chapeau et tout. Un copain, André Genty, qui restaurait les Stampe m’a bien aidé et conseillé et m’a appris le collage de l’entoilage et diverses bricoles, un autre copain, Jean-Marie Boutin, connu dans le monde gyro et constructeur lui-même m’a donné beaucoup de plaques carbone et diverses pièces et j’ai commencé à gratter sur le poids, il faut dire je suis un vrai fanatique du poids réglementaire et même moins si possible, fanatisme qui frise peut-être le ridicule, allant jusqu’a tourner les têtes de boulons pour gagner des milligrammes, et depuis je passe pour un emmerdeur car je trouve tout trop lourd. Le poids  réglementaire n’est même pas pour moi normal mais bon c’est avis personnel. Ensuite je me suis mis à la chasse à la trainée, bref au bout de quatre mois et demi de travail le Tintin était refait à neuf avec un poids qui a fait bien des envieux puisque mon Sky 912 pèse 239 kg avec radio, transpondeur, tire bouchons, GPS, carte, 10 l de carburant, bref, vraiment dans les normes. Inutile de dire qu’avec toutes ces motifs la VNE est souvent pas loin puisque je suis passé de 120 en croisière a 160/170 et j’ai testé à 210 !  Pour un Sky Synairgie c’est pas mal. J’ai monté aussi des volets à fentes qui m’ont descendu la vitesse à 60 km/h à pleine charge, gage de sécurité pour les terrains courts, ce qui m’a pas empêché de faire quelques durs en voulant en faire trop. Depuis j’ai voyagé un peu partout, évidemment en restant en France mais bon, on a fait de belles balades avec ma femme, la plus belle étant les calanques de Marseille.

 

ULMiste : Bon, ton Sky, il a bien fallu le baser quelque-part ?

 

Jean-Luc Ménier : Bah oui au départ j’étais à Pontlevoy ensuite mon instructeur a voulu sa propre base. Un copain, maire de ma commune et propriétaire d’une base à Monthon à 1500 m de chez moi, m’avait dit qu’il allait revendre son J300, je lui ai demandé alors ce qu’il ferait de sa base, que j’en cherchais une. Quand il a vendu son J300 on a récupéré la base, Marc et moi, Marc a fait les papiers pour homologuer la base en école et moi je me suis occupé de l’entretien. Le proprio ayant passé juste un coup de gyro pour que l’acheteur puisse décoller, la base était à l’abandon depuis 2 ou 3 ans, inutile de dire le boulot ! Donc la base a été homologuée, les balises et manche à air posées, bref opérationnelle en novembre 2000 et en mars 2001 après m’avoir breveté sur cette base, je fus le seul, mon instructeur m’a laissé la base pour partir chez Zen qui l’avait demandé car pas mal de boulot. Cette base, je lui ai fait sa réputation, elle a commencé a être connue de beaucoup en France et même à l’étranger. J’ai ensuite monté le club Ader, qui réunit surtout des copains de passage, c’est plus un club d’amis qu’un réel club ULM, pour la rigolade je me suis élu à mon unanimité président à vie hi hi hi! Au départ y’avait que moi et ma femme, il fut déclaré à la préfecture avec statuts et tout et on est passé rapidement à 12 membres, dont je suis le seul basé. J’y organise des rencontres tous les ans sauf quand il m’arrive des misères. Depuis, la Base ULM des Châteaux, nom donné par mon instructeur de l’époque, est devenue un lieu de passage, pour pique-nique, balade, ou simplement camper et pêcher au bord du cher. On peut y voir un peu la vie sur mon site www.club-ader.fr. D’ailleurs le Tintin a son site aussi quand je l’ai reconstruit, ceci afin de faire profiter les copains des astuces possibles sur un Sky, c’est www.ulm-skyranger.fr. Il y a aussi le site de la base ULM des Châteaux www.base-ulm-des-chateaux.fr. Voila pour l’histoire de la base.

 

ULMiste : ULMiste n’est pas “psychologie magazine” et ne s’étendra donc pas sur tes “misères”.

Tu as ta petite base au bout de la route, ton Tintin qui t’y attend, les amis qui passent en nombre, le bonheur, quoi ! Manquait-il quelque chose pour te satisfaire, genre une machine particulière ? Hum ?

 

Jean-Luc Ménier : Bah y me manque rien mais on en veut toujours plus ! En fait y me manque rien mais étant un acharné voir paranoïaque du poids réglementaire, je me suis demandé pourquoi les belles machines du commerce qui me faisaient rêver étaient si lourdes, ça ça me faisait plutôt cauchemarder. Après le succès du Sky j’ai entrepris la construction d’un aile basse. Pour ça j’ai acheté la liasse du Gaz’aile de Pennec, ensuite y’a eu toutes les histoires de plagiat avec Dyn’Aéro, etc., ce qui fait que la liasse achetée ne correspondait plus à la liasse qui a été refaite beaucoup plus tard, mais ayant foncé tête baissée dans le boulot j’ai commencé à aller plus vite que les plans sortaient, j’ai donc dû inventer, essayer, bref innover ce qui m’a retardé pas mal. Là-dessus le constructeur, vu les modifs, m’a demandé de rebaptiser le Gaz’aile, je demandais pas mieux, je l’ai donc baptisé au début « l’Anti-lope », plus tard trouvant ça un peu méchant je suis revenu à Antilope. Ceci dit elle est presque finie (j’ai eu quelques retards dûs a un cambriolage et actes de vandalisme et quelques autres misères…).

 

ULMiste : Et cette Antilope est désormais prête à voler. Quelle masse à vide, déjà ?

 

Jean-Luc Ménier : Oui prêt à voler, masse à vide de 248 kg à l’heure actuelle, complet avec radio, casque mais sans carburant. J’ai encore à alléger au niveau radiateur, faut je passe en radiateur alu, voir aussi pour les carters huile en composite et diverses choses qui devraient me faire gagner environ 3 kg. Le moteur est un moteur de 206 Peugeot injection réducté à 2.43, avec boîtier électronique Megasquirt, avec 75 cv. Il a pas encore tourné car j’attends d’avoir fini totalement la peinture. En effet beaucoup me demandent “alors ce moteur y tourne?” Je réponds non, la caisse étant bois composite si jamais y’a de l’huile qui va sur le fuselage ou autre c’est foutu pour la peinture, faut pas aller plus vite que la musique. Je suis rendu actuellement à 5000 h de travail pour une dépense de 7000 € environ ce qui reste raisonnable vu les prix actuels du même type d’ULM qui frôlent voir même dépassent les 100 K€. Pour l’instant à cette date, 8 mai 2010, j’en suis aux réglages et centrage qui a l’air tout à fait correct.

 

ULMiste : Avec un bloc aussi lourd (en tous les cas pas le plus léger), tu arrives à une masse aussi faible ! Euh, t’es sûr qu’il est solide, ton truc ?

 

Jean-Luc Ménier : Pour la solidité, les longerons ont été testés à +6/-4 g, plus qu’un individu comme moi pas entrainé peut encaisser. Il s’agit d’un longeron bois klegecell straté 3 couches de carbone bi biais de 450 g, 1 couche sur toute la longueur, une couche sur la moitié et une couche sur 1/4. Le tout sous vide évidemment, avec tissus d’arrachage et feutre d’absorptions, c’est Jean-Philippe Binet, figure bien connue en aéromodélisme, qui m’a appris beaucoup dans ce boulot. Les ailes, on est monté a 3 au milieu sans que celles-ci ne bougent d’un mm. Toute la structure, fuselage, ailes, est marouflée résine et tissus de verre 160 g ce qui contribue à la solidité, les couples et toutes les lisses sont en lamellé collé contrairement aux plans où une partie était en contreplaqué, ce qui m’a permis d’éviter des renforts en CP et donc de gagner pas mal de poids. A noter que l’avion du concepteur fait 20 kg de plus que l’Antilope avec 1m20 d’aile en moins et 24 cm de corde de moins, par contre motorisé par un diesel. Le désaccord porte aussi sur la motorisation, il est pas possible à mon avis et celui de beaucoup d’autres d’être ULM avec un diesel  en respectant les plans à la lettre, de plus c’est une hérésie de faire un ULM diesel du type ailes basses et voler dans le domaine ULM, la distance de décollage étant de 250m, les pistes ULM sont souvent plus petites et avoir un ULM pour voler que sur des aérodromes n’est pas pour moi vraiment l’esprit ULM. Mais bon chacun voit l’ULM comme il l’entend, ça c’est aussi la liberté ULM.

 

ULMiste : Bon, au-delà de l’aspect pratique et de l’impératif d’une charge utile exploitable en voyage à deux, quel est ton sentiment sur la masse à vide des ULM ?

 

Jean-Luc Ménier : Aïe, là tu vas m’exciter un peu en touchant ce qui me tient le plus à cœur : les poids. Mon sentiment est que l’on flirte de plus en plus avec les limites du légal, à force de flirter certains dépassent largement et ceci en toute connaissance de cause, contrairement à ce que prétendent certains, je vois sur les terrains ce qui se passe et je suis pas le seul, mais bon, justement en construisant moi-même je prouve que l’on peut faire léger, confortable, performant et qui ressemble à un avion sans emplafonner les poids légaux. Je sais que tout le monde n’a pas la même philosophie de l’ULM, y’a des purs et durs qui ne croient qu’au Weed, pourtant assez lourd, mais ça vole super ou aux pendulaires de plus en plus inabordables et qui deviennent des enclumes volantes aussi. À quoi sert de voler vite avec un ULM de 286 kg donc légal et 2 passagers de 156 kg, poids total soit disant légal il reste 8 kg pour mettre l’essence et les bagages, soit rien donc obligé de s’arrêter toutes les 1/2h pour ravitailler. Pendant ce temps le Weed ou le Sky suit son bonhomme de chemin ?

 

ULMiste : Certes, mais pourtant il semble qu’il n’y ait légalement pas grand risque : pas ou si peu de contrôles, assurances qui ferment les yeux… si l’appareil est conçu pour supporter plus de 450 kg, voire 600 comme certains, où est le problème ? Comme par exemple la radio amateur… l’essentiel est que techniquement ça fonctionne, plutôt que le strict respect des lois, non ? Tu nous disais tout à l’heure que tu pratiquais la radio en pirate…

 

Jean-Luc Ménier : Oui dans un sens, mais pour moi c’est plus moral, conscience tranquille. J’ai peur comme beaucoup que à force de tirer sur la corde celle-ci casse, et on reviendra à la réglementation avion, lourde de paperasses et contraintes, tout ça pour quelques inconscients qui ont voulu faire de l’avion ULM. En fait on perdra toute la liberté qu’on avait acquise, mais surtout on perdra la crédibilité de l’ULMiste sérieux et respectueux des lois, les constructions amateurs seront plus sévèrement contrôlées, bref on a plus à perdre qu’à gagner. De plus je connais pas trop d’appareils conçus pour supporter 600kg qui se posent à 65 km/h. Je sais que souvent ce sont les pilotes qui sont en cause, les machines étant capables souvent de le faire, mais à force de vouloir faire comme l’avion, beaucoup pilotent l’ULM comme un avion et perdent ainsi l’intérêt d’avoir un ULM et ses balades sur les petites bases des copains…

 

ULMiste : Comment vois-tu l’évolution de l’ULM dans les années qui viennent ?

 

Jean-Luc Ménier : Assez difficile de prédire, je dirais que l’on a un président de fédé qui est très actif qu’en sera-t-il après ? Ceci dit ça veut pas dire que je suis d’accord sur tout avec lui comme les hélicos ULM, mais ce qu’il fait il le fait avec conviction, et surtout il défend la législation française comme personne. Je pense que de toute façon dans les 5 ans à venir ça va pas trop bouger, après on verra, j’ai peur que la législation se durcisse, on voit quand même que l’année 2009 et ce début d’année 2010 sont assez accidentogènes, mais bon il faut dire aussi que le nombre de licenciés a fortement augmenté, il n’y a pas plus d’accident qu’avant, mais ce qui frappe les esprits c’est pas le pourcentage mais le nombre, en fait pour le quidam peu importe qu’on soit 1000 ou 20 000, il le sait même pas et donc pour lui y a de plus en plus d’ULM qui se cassent la gueule. C’est tout ce qu’il voit et ça c’est mauvais pour l’image, de plus avec des ULM à plus de 100 000 € on finit par passer pour des nantis, ce qui est loin d’être le cas, sans compter certains journaleux qui savent même pas faire la différence entre un ULM et un avion. Tout ça fait que l’on risque d’aller vers une réglementation plus stricte.

 

ULMiste : Ces machines à 100 000 € restent tout de même une minorité. Pourquoi selon toi l’hélico ULM pose-t-il un problème ?

 

Jean-Luc Ménier : Y’en a de plus en plus et de toutes façons quand on voit le Skyranger qui frise les 40 000 € (livré prêt à voler, montage pro, selon équipements - NDLR), alors que c’est un des plus simples, beaucoup préfèrent mettre 10 voir 20 000 de plus et acheter haut de gamme.

Pour l’hélico, simplement que l’on va surement sortir un nouveau brevet plus sévère, l’hélico est loin d’être simple, encore plus complexe que le gyro, or l’un des premiers articles de loi dit que l’ULM doit rester simple de conception, d’entretien et pilotage. L’hélico en est loin, la plupart des acheteurs seront pas des bricoleurs et seront incapables d’entretenir leur machine, on va donc se tourner vers des centres spécialisés et de là à faire que tout les ULM soient logés à la même enseigne il n’y a qu’un pas, avec le contrôle Veritas et tout, on en est pas là mais on y va. Donc encore une classe spécifique qui va vraiment faire plaisir qu’à une très petite minorité, de par le prix, de par sa complexité, on est loin aussi d’une formule écolo avec ce gouffre à énergie perdue.

 

ULMiste : Bon, on sent que l’on pourrait poursuivre cet échange pendant des centaines de pages. Quiconque voudrait encore causer avec toi est-il bienvenu sur ta base, faut-il être membre du club, le devenir ?

 

Jean-Luc Ménier : Oui je suis un bavard, infatigable de la langue, paraît même que je parle en dormant, que même le dentier, si j’en avais un, sur l’élan de la journée remuerait tout seul sur la table de nuit! Pour revenir aux choses sérieuses, sur ma base tout le monde est le bienvenu, que je sois là ou pas, nul n’est besoin de faire partie de mon club, c’est comme on le sent, je considère que ma récompense est simplement que l’on trouve ma base jolie, agréable à visiter, technique indéniablement, mais je la veux sans contrainte, à la limite je suis plus tolérant sur ma base que sur mes listes…

 

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