Gueule de Blois...

Article paru dans ULMiste n°3, octobre 2010

 

Gueule de Blois … du côté des exposants.

 

Ambiance

 

Nous arrivons à Blois par la route le samedi en début d’après-midi. Sous un soleil rayonnant, cette année, le premier contact avec cette 30ieme édition du salon est ce parking, immense, incroyablement poussiéreux, et surtout excentré. Un gros quart d’heure de marche natatoire dans les volutes de poussière surchauffée nous donnera le sentiment que cette année, le salon de Blois tout comme le vol en décollage à pied, ça se mérite par l’effort et la sueur.

Espérons que le Graal en vaille la chandelle. A priori, le seul élixir en ces lieux se présente sous la forme de gobelets en plastique pleins d’une tiède et populaire boisson fermentée à base de houblon. Il est 15h, plein cagnard, j’ai l’impression d’avoir un bout de carton à la place de la langue, mais bon, on va éviter la Kro là maintenant, histoire de pouvoir enquiller les allers-retours d’un bout à l’autre du salon tout l’après-midi.

 

Au fait c’est quoi le salon de Blois ?

 

Blois, c’est un gros saurien vautré dont la colonne vertébrale, constituée d’un chapelet de tentes d’exposition, s’étire sur des centaines de mètres. Englué dans la torpeur de l’après midi, le dinosaure ronronne vaguement comme un chat fainéant. Chacun traîne ses guêtres de stand en stand d’un pas dubitatif, et quand on arrive au bout, ya plus qu’à recommencer dans l’autre sens, des fois qu’il y aurait une surprise. Mais non, tout est là, à peu  près à sa place, comme l’année d’avant. L’avantage, c’est qu’on retrouve assez facilement les stands où on a des pognes à serrer et des connaissances à saluer. Ah ! les potos, c’est ce qui sauve le coup, parce que sinon, l’histoire est bouclée en moins d’une heure, soit un aller-retour pour ceux qui insistent. Bref la chasse aux potes est ouverte, et c’est tout aussi salvateur pour les concernés, tant ils gluent sur leur stand, s’en grattant une sans que cela ne fasse bouger l’autre. La pupille éteinte de certains en dit long sur l’ambiance globalement morne, beaucoup étant là «parce qu’il le faut bien». Si quelques îlots de bonne humeur épars surnagent encore dans une mer de spleen général, la marée semble bien être montante… le changement climatique peut-être…

Si tu n’as pas d’amis pour t’accueillir sur ces rares îlots salvateurs, mieux valait peut-être s’abstenir cette fois.

Une simple coïncidence, ou peut-être un signe, l’emblématique stand VLD, que l’on a toujours vu imposant, bien achalandé et pris d’assaut par une clientèle avide, était cette année réduit à sa plus simple expression et ne proposait que quelques branlettes (il parait que les gens civilisés disent «siphon automatique») en plus de 3 bricoles qui se battaient en duel.

 

Le dimanche en milieu de matinée, c’est le branle-bas de combat, ça démonte, ça replie, ça remballe, ça charge, enfin de l’enthousiasme ! C’est vrai, la corvée est presque terminée, mais il y a encore de la route à se taper.

 

14 h : c’est la grande évasion, tout le monde s’est enfui, si t’es encore là, c’est que tu es en panne ou que t’as paumé les clés du camion …

 

Blois 2010 laisse une sensation bizarre, comme une fin de soirée qu’on a tiré trop loin dans la nuit : tous les ingrédients sont encore là, les gens, les frites merguez kro, le flonflon de la fête, mais pourtant on ne s’amuse plus vraiment. Un étrange goût un peu âcre dans la gorge, une grosse fatigue, on voudrait juste aller se coucher, faire une bonne nuit et passer à autre chose.

 

Jaycee