Fly to Dakar (septembre 2002)

Exculisivté Web

 

Fly to Dakar : France, mornes plaines

 

Dimanche 1e septembre 2002 : Blois - St Junien - Montpezat d’Agenais : 3 h 20

 

Pierre-Jean le Camus

 

Nous avions rejoint Blois depuis Coulommiers le vendredi 30 août. Mon DTA était accompagné d'un Voyageur 912 du même constructeur, et de deux Cosmos Phase II. David Vigouroux, ami et partenaire (A'Graph), arrose abondamment ma machine de Champagne avant le décollage, ce qui lui donne l'odeur plutôt nauséabonde du clochard moyen des campagnes du sud-ouest. Somme toute, cela me va plutôt bien. Nous avons navigué sous une météo peu clémente, et je peux déjà m'apercevoir que mon aile, la toute nouvelle Profi de chez Aeros sur laquelle je n'ai que deux heures de vols locaux et pourtant poussée par un simple 503, n'a rien de ridicule face aux 100 cv du Voyageur de Bruno Picot.

Pendant que les kilomètres s'égrènent au-dessus de paysages quelconques, je suis songeur. Je pars à Dakar sur un putain d'ULM de base, équipé d'un petit moteur, je vais faire ce périple en biplace, sans assistance, sans GPS. Cela n'a rien d'un exploit, non, quoi qu'en pensent nos admirateurs. Néanmoins, c'est une première. C'est quelque chose, une première. Pouvoir se dire, si ça fonctionne : "oui, c'est possible", alors que personne au monde jusqu'ici ne pouvait répondre à cette question, sinon par le calcul.

 

Voilà pourquoi de nombreux médias ont accepté de se faire l'écho de notre tentative, à part la presse parisienne, qui bien qu'aussi largement sollicitée que toutes les autres, n'a pas jugé utile de se déplacer… sans doute préfère-t-on y traiter de cette jeunesse qui brûle des cabines téléphoniques et autres voitures, et que l'on remercie à coups de vacances à la neige… bon, la prochaine fois que je serai jeune et que je tenterai un "non-exploit", je tâcherai de m'en souvenir.

Là, le départ fut juste, et c'est déjà bien suffisant, suivi par quelques amis, dont le petit Hugo, 4 mois, qui a très courageusement caché sa perceptible émotion. Nous faisons étape à Pithiviers.  L'équipage Denis-Kübler est lui parti de Douzy dans les Ardennes, dont le récit est disponible par ailleurs. Tout le week-end, nos machines ont été exposées au salon international ULM de Blois, qui se tient chaque année à cette période. C’est ici que je retrouve Pascal, qui pour l’heure travaille sur le stand de DAD, tandis que je m’occupe moi-même sur le stand des Editions Rétine, mon employeur. 

 

Les organisateurs, conscients de l'intérêt de notre affaire, nous ont offert un emplacement de qualité, qui nous permettra de faire connaître notre initiative aux très nombreux visiteurs. Ceux-ci se sont montrés tellement curieux et impressionnés que certains iront même jusqu'à nous demander des autographes !

Décollage à 13 h 30, devant une foule nombreuse pressée contre les barrières suite aux annonces au micro de l'éloquent speaker. Notre briefing n'est pas suivi, et le GTE prend directement son cap au sud sur sa droite, alors que nous avions convenu de virer à gauche pour faire un passage à la verticale du terrain. Peu importe, mais Bernard Michelena, qui pilote un cameraman, ne sait plus trop où donner de la tête. 

 

Nous posons à St Junien, près de Limoges, qui est une étape habituelle sur cet itinéraire. Il s'y trouve une pompe à essence, pas toujours ouverte, mais un Carrefour-joker vend du carburant à 300 mètres. Une étape fiable. Bien sûr, la pompe est fermée lorsque nous posons. Un Monsieur approche dans sa ZX, accompagné de la madame du monsieur. 

- Vous n'iriez pas des fois vers cette station que justement nous convoitons et qu'elle

est pas loin, tout ça ?

- Eh bé si, enfin non, mais bon, si ça peut vous arranger…

- Merci beaucoup, vraiment vraiment, nous allons à Dakar.

- A Dakar, avec vos trucs, là ? Et milledieux !

Du coup, impressionné, cet homme de bien nous a gentiment conduits au Carrefour, a patiemment attendu que nous en ayons terminé, puis nous a ensuite ramenés à l'aérodrome, malgré qu'un de nos bidons souples, qui fuyait, lui ait parfumé le coffre au sans plomb. Au retour, Pascal dort profondément, et la pompe de l’aérodrome est bien sûr ouverte…

St Junien -Montpezat rien de spécial non plus, sinon que nous comprenons déjà que nous sommes en attente d'exotisme, lequel n'arrivera pas (croyons-nous), avant le Maroc. La France, on connaît, et l'Espagne aussi, un peu.

A Montpezat, je baptise mon neveu Benoît, adorable et adoré petit être de 6 ans, que j'ai eu l'honneur d'accompagner durant les primes années de son existence, à une époque où il s'amusait à suivre les extraordinaires conseils d'un "grand" qui n'en a que l'apparence... Ma Maman, également de la fête, lâche quelques larmes… Nous dormons dans les hangars, après avoir mangé à l'œil au restaurant  L'Origan et vendu 4 des tee-shirts que nous avions fait faire, et qui servirent en partie à financer notre périple. Pascal, Stéphane et moi-même nous sommes rencontrés sur cette base. Pascal y travaille, les deux autres y ont suivi leur formation d'instructeurs.