On a scié le paramoteur pour arriver à Basse-Ham !

Article paru dans ULMiste n° 12, octobre 2012

 

On a scié le paramoteur pour arriver à Basse-Ham !

 

Après avoir fait quelques balades dans le Sud-Ouest avec une assistance au sol, Claude et moi, nous rêvons depuis plusieurs mois d’un vol bivouac en autonomie complète. Le Mondial de Basse-Ham nous fournit un but. Pourquoi ne pas essayer de le rallier en vol depuis notre petit village de Lisle-sur-Tarn ? Nous sentons que nous plaçons la barre un peu haut mais si les conditions sont correctes, en une semaine, on peut espérer y arriver.

 

Patrick Savaria et Claude Maurel

 

Claude part avec son Miniplane 115, moi je me construis un nouveau châssis pour mon Miniplane mais lors d’une ultime révision je découvre que le moteur est en triste état et les pièces commandées n’arrivent pas à temps. Trois jours avant la date de départ, je remonte donc mon fidèle Ros 100, « la Rossinante » dans un vieux châssis rigide que j’avais construit il y a quelques années.

La veille du départ, je ne suis toujours pas prêt, rien n’est prêt ! J’ai une suspente abîmée, je file au nouvel atelier Ailips’air, près de Montauban, où le sympathique Joël Mauquié me fait une « suspent’ minute » ! Même chose pour les cartes, j’ai la moitié de la France à imprimer. Je vole sans GPS et sans portable. 11h du soir, encore plein de bricoles à régler, je stresse ! Dans un SMS désespéré – qu’il recevra deux jours après ! – je demande un jour de rab’ à mon copain Claude.

Le lendemain, la journée est consacrée aux derniers préparatifs : mécanique et bagages. Nous ne  sommes pas de gros gabarits, moins de 65 kg chacun et il faut réduire le poids des machines au maximum pour être sûrs de pouvoir décoller sur des terrains peu propices, tôt le matin, lorsqu’il n’y a pas de vent. Nous sommes obsessionnels sur le poids : tout doit tenir dans la sellette et dans le petit sac ventral « Sup’air light ».  La mousse dorsale de la sellette est supprimée et remplacée par une toile de tente qui sera tendue entre les 2 cages des paramoteurs. Le petit duvet ultra light est glissé sous la planchette. Les affaires de toilettes sont réduites au strict minimum : un savon d’hôtel, une mini serviette, un tube de dentifrice presque vide, on pousse le vice jusqu’à scier le manche de la brosse à dents ! Pas de vêtements de rechange ! Dans la petite poche de la sellette je range la boîte à outils : un rouleau de scotch, de la suspente, trois clés et une bougie de secours. Le litre d’huile 2 temps a depuis le départ un emplacement prévu sur le châssis. Le plein fait, la balance accuse moins de 35 Kg, cela reste raisonnable. Nous sommes parés.

 

Dimanche matin , 6h45, nous nous retrouvons enfin en l’air ! C’est parti mais un petit nord-ouest nous empêche de progresser à plus de 15 km/heure ! Heureusement il faiblit et petit à petit Claude m’annonce à la radio des vitesses plus élevées et nous avançons à 35 km/h vers notre premier ravitaillement en essence. Nous survolons, en ce début de périple, des paysages familiers.

 

Quatre km avant Labastide-Murat, je pose en panne d’essence, Claude continue vers la base ULM de Montfaucon mais il la trouve déserte et revient se poser près de moi pour partager son reste d’essence afin de rallier la station service. Mais, au sol, nous constatons qu’il ne lui reste qu’un litre ou deux et que ce ne sera pas possible. Nous allons vers la ferme voisine pour entreposer le matériel et partir en stop remplir nos réservoirs pliants. Le jeune agriculteur partant au village voisin chercher du tabac, propose de nous y emmener. A notre retour, il nous offre l’apéritif, ses parents, amusés par notre aventure, nous gardent à manger. Le repas est délicieux, composé uniquement de produits de la ferme. Nous nous allongeons sous un arbre pour faire la sieste et réalisons que nous sommes partis il y a quelques heures seulement, nous avons fait 110km, nous avons été invités… C’est au-delà de nos espérances, la vie est belle !

                

La convection est forte sur les Causses, nous ne redécollons que vers 19 h. Après un dernier « coucou » au-dessus de la ferme, nous survolons la base de Montfaucon où les trois-axes sont sortis des hangars, puis continuons vers le magnifique site de Rocamadour. Nous volons ainsi en nous faisant parfois brasser énergiquement et nous posons vers 21h45 sur les hauteurs d’Uzerche. Encore 105 km d’accomplis ! Une fermière, d’abord un peu méfiante, nous autorise à camper dans la prairie. La première installation de la tente se fait dans le noir. Nous partons avec nos bidons pliants vers la station repérée d’en haut et le trajet s’avère beaucoup plus long que prévu ! Grosse déception, il est trop tard, tout Uzerche est fermé, la ville est déserte et nous ne boirons pas la bière  tant convoitée !

Pendant la nuit, un orage éclate, les limaces s’introduisent dans la tente, l’atmosphère est humide dans notre refuge 

 

lundi 18 juin

 

Nous décollons vers 9 heures sous le regard bienveillant de l’agriculteur. Tout est trempé, heureusement il y a du vent et le champ est en pente. Le ciel est couvert et le plafond est très bas, 200-250m. Le vent d’ouest est sensible, nous crabons 1h15 en hésitant incessamment entre monter et se rapprocher des vilains nuages ou voler bas et sortir du cône de sécurité en traversant les nombreux bois. Enfin, nous voyons apparaître Saint-Léonard-de-Noblat et trouvons un champ accueillant près de la station service. Le vol fut quand même un peu stressant et à midi nous n’arrivons pas à finir nos pizzas ! Nous sommes encore un peu tendus. Le soir, j’essaie de décoller et après plusieurs essais infructueux, nous renonçons non sans avoir fêlé l’hélice dans une chute. Le lendemain matin, collage à la super glue !

Nous changeons de terrain pour trouver un décollage plus adéquat. Mais passer les clôtures et les fils barbelés avec les paramoteurs et les pleins faits est un exercice parfois difficile ! Mon pantalon en gardera des séquelles !   

 

On décolle vers midi direction Montluçon, le plafond est bas, nous y sommes souvent collés pour passer sur les bois. Les premières gouttes de pluie commencent à tomber, de nouveau panne sèche à l’entrée de Montluçon. Je me pose dans un champ où j’ai de l’herbe jusqu’à la poitrine ! Il a beaucoup plu ce printemps et les foins ne sont pas fauchés. Une semi remorque nous voit poser et s’arrête sur la route, le chauffeur italien vient aider Claude à passer le matériel de l’autre côté des clôtures très hautes ! Sympathique coup de main ! Notre seul ami sur le trajet, Jacques, vient nous chercher : apéro, bain et bon repas en perspective à Prémilhat ! Ce soir, nous goûtons le confort d’un vrai lit !

 

Mercredi 20

 

Il pleut. Le vent est fort. Nous cherchons un déco pour le soir mais ce n’est pas facile à trouver, il n’y a pas de piste ULM aux environs. Nous finissons par aller à l’aérodrome de Villars où, sceptiques, nous demandons l’autorisation de décoller. On nous répond : « bien sûr, pourquoi pas ? » et à la question : «  de quel endroit ? » nous nous entendons répondre : « eh bien, sur la piste en dur ! ». Nous préparons les machines, mais à 20h le vent est toujours trop fort. Nous demandons si nous pourrions laisser les châssis, mais les hangars ne sont pas accessibles et les membres des Ailes Montluçonnaises  ont la gentillesse de nous donner le code d’accès du bureau pour y déposer notre matériel et le récupérer le lendemain matin. Malgré notre déception nous apprécions l’hospitalité de Micka et Jacques une nuit de plus.   

 

Jeudi 21

 

Lever à 5h30. Nos hôtes nous accompagnent à l’aérodrome de Villars et à 7 h nous décollons travers piste au premier essai. Une telle piste, c’est royal !  Nous longeons la forêt de Tronçais, survolons le circuit de Magny-Cours et traversons la Loire près de Nevers, ce qui pour les sudistes que nous sommes est un symbole fort, que dis-je une victoire !!            

 

Après un vol de 105 km, nous finissons par poser avec un vent se renforçant à Saint-Benin-D’azy, une vingtaine de kilomètres à l’est de Nevers. Au village, on apprend que la région est en alerte orange à cause d’orages violents, de plus nous sommes dans la R45 qui est active jusqu’au soir, nous verrons passer des avions de chasse. L’orage nous surprend avec nos dix litres d’essence au bout des bras. Lorsque nous retrouvons nos machines nous sommes trempés. Il faut mettre nos paramoteurs à l’abri. Un fermier nous prête un hangar déserté par les moutons en ce moment. Ca sent fort mais nous serons au sec pour la nuit.

 

Vendredi 22

 

A 6h30 nous décollons avec un peu de vent mais à 50 m du sol on commence à avoir des doutes, à 200 m on recule vers la forêt ! Au moment où je trouve que ça suffit et décide d’aller me poser, je vois Claude « accéléré » descendre pour atterrir. Ce vol aura été le plus court, seulement 8 km ! Il faut prendre une décision : si nous voulons arriver à Basse-Ham demain, il faut changer de moyen de transport. Nous cachons les paramoteurs dans une haie et partons en stop vers Nevers avec un bidon d’essence vide pour apitoyer les automobilistes ! Et ça marche ! La première voiture s’arrête et nous dépose devant une agence de location. Nous repartons au volant d’une Micra en nous demandant comment faire entrer les deux paramoteurs dedans ! L’heure est grave ! Il n’y a pas trente six solutions : nous achetons une lame de scie à métaux ! Cinq coupes seront nécessaires pour que le châssis atteigne une taille acceptable ! J’avais justement envisagé de le rendre démontable. Voilà qui est fait !

 

Malgré la déception de n’avoir pu atteindre notre but en vol, la météo ayant souvent été maussade, cette première expérience du vol bivouac sans assistance nous a enthousiasmés  : nous nous rendons compte que notre petit engin nous permet de traverser la France et reçoit partout un accueil chaleureux. On nous prend pour des fous, certes, mais des fous sympathiques !

        

Désormais nous aurons encore plus cette envie d’aller voir de l’autre côté du coteau.

                  

Expérience à renouveler, d’urgence !

 

Le matériel :

 

Claude : Miniplane 115 – Top 80

         Nucléon

         GPS Garmin

 

Patrick : Châssis perso – Ros 100

         Action GT

         Cartes        

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