Lyon-Bron, drôle de salon...

Article paru dans ULMiste n°20, août 2015

 

Un drôle de salon…

 

Pierre-Jean le Camus et Jean-Christophe Verdié

 

Les 4, 5 et 6 juin derniers se tenait sur l'aéroport de Lyon-Bron la neuvième édition du salon France Air Expo.

 

Ce salon se tenait jusqu'ici à Cannes et était plutôt orienté aviation d'affaires et hélicoptère, l'aviation de loisirs y étant anecdotique. Selon ce qui est dit sur le site internet, la migration à Cannes devait permettre à ladite aviation de loisirs d'y trouver sa place, la clientèle cannoise n'étant guère portée sur l'aviation comme une fin en soi mais simplement comme un moyen. Excellente idée ! Le site de Bron comporte une halle d'exposition climatisée et les essais et démonstrations en vol y sont possibles, comme l'a montré le fort beau salon Avia Expo qui s'y tenait il y a une petite quinzaine d'années.

 

Parmi la petite centaine d'exposants, près de la moitié est composée d'ULM, selon ce qu'annonce le site internet avant la manifestation. Pourtant, aucune accréditation n'est accordée au seul magazine 100% ULM… soit, on commence à avoir l'habitude, mais de la part de l'organisateur d'un salon qui tente de remplir ses stands, c'est étonnant. Surtout quand on songe qu'en 2015, il y a trois fois plus d'ULM en France que d'avions, planeurs et hélicoptères réunis… en tous cas, voici qui explique pourquoi nous n'avons reçu aucun communiqué de presse concernant ce salon.

 

Le salon se tient sur un aérodrome. Pourtant, il est impossible au visiteur ULMique d'y venir en vol, seules les machines exposées peuvent, éventuellement et moyennant des contraintes drastiques, venir y poser. Une fois avant le salon, puis à la fin, pour en repartir. Aucun créneau de démonstration ou essai en vol n'est prévu. Dommage ! Un salon sur un aérodrome où ça ne vole pas, on ne comprend pas très bien l'idée… on y va donc par la route, n'ayant point trouvé de cabine à squatter.

Heureusement que le site "Eurexpo" est efficacement indiqué, sans quoi il nous aurait été difficile de trouver le salon. Aucun affichage d'aucune sorte, jusques et y compris une fois devant l'entrée… ce n'est qu'en constatant que ce sont bien des avions qui sont exposés que l'on déduit qu'on est au bon endroit. Car oui, ultime surprise, le salon se tient en extérieur ! On est sur un aérodrome qui comporte un magnifique hall d'exposition (où se déroulait à l'époque Avia Expo). Mais le présent salon se tient en extérieur et ne permet pas de voler. On se pose du coup un peu la question du choix du lieu et de la date. Quel besoin de cuire au soleil si ça ne vole pas et, surtout, quel intérêt pour l'aviation d'affaire de venir sur un tel salon régional à deux semaines du Bourget ?

Nous payons l'entrée, 10 € par jour, ce qui reste très raisonnable. Petit tour des stands.

 

Au milieu d'une large palette de sa gamme avion et ULM, Tecnam France présentait ce splendide P92 à train classique (essayé en nos lignes), équipé d'un coffre ventral. Un look ravageur qui donne envie de grands espaces !

 

La nouvelle équipe de Magni pour la France est venue avec la quasi-totalité de la gamme.

 

C'est désormais Rolland Chevallier, Passion Liberté, qui représente en France le Viper, jusqu'ici pue vu sur les salons.

 

Côté voilures tournantes, on a noté une forte présence, signe des temps. Duc Hélices présentait en statique sa gamme complète, dont notamment ces pales pour hélicoptère UL dont on ne sait guère plus… teasing !

 

Le Breezer est pour sa part distribué par une entité néerlandaise, avec un représentant pour la France. DKL, le précédent distributeur, se concentre sur la gamme Ikarus.

 

L'étonnant autogire de Niki Aviation est lui aussi distribué par Fly'ULM. Si sa cabine n'est pas sans rappeler le J-Ro de DTA, l'arrière, avec la poutre traversant le moyeu d'hélice, est une première parmi les autogires d'usine.

 

Eric Changeur est venu présenter son nouveau dada, le Ela-10 Eclipse, dont il est le distributeur désormais exclusif pour la France (le réseau de revendeurs restant inchangé). Eric est dithyrambique sur cette machine, dont il dit qu'elle est celle dont il a toujours rêvé !

 

Matthieu de Quillacq, l'homme grâce auquel la classe 6 existe (en grande partie), présentait un CH-77 de toute beauté.

 

Belle présentation chez Roko, qui est venu avec son camion-salon-bar de belle facture ! Jean-François Ledru (Icarela), le distributeur France, présentait pour la première fois le NG6-UL Skyracer, ainsi nommé pour le marché français, proposé au prix de lancement, en version 80 ch, de 60 000 €TTC, ce qui pour un appareil de cette gamme est inédit !

 

Fly Synthesis, en collaboration avec son représentant français, ULM Découverte, présentait quasiment toute sa gamme (à l'exception du Wallaby). Le Syncro, pas encore "homologué" en France, était venu en vol d'Italie avec les pilotes usine. Le Texan et le Storch continuent leur tranquille carrière. Un Storch mû par un D-Motor sera bientôt disponible à l'essai à Pizay ! Nous irons bien sûr voler dessus !

 

Fly'Aéro, dynamique distributeur France de la gamme allemande Autogiro, offrait aux regards toute la gamme ou presque, à quelques variantes près. En très peu de temps, Autogiro a su s'imposer sur le marché, pourtant étroit au moment de son démarrage, de l'autogire haut de gamme… ou pas, les tarifs démarrent très bas pour les modèles de base déjà largement suffisants !

 

DTA fut le seul fabricant français présent sur le salon, toutes activités confondues et hors "accessoires", tels que les hélices. Avec 35 appareils livrés un peu partout dans le monde à cette heure, le J-Ro démarre une carrière tranquille et sans doute longue auprès de pilotes satisfaits !

 

Au final, les exposants ne sont globalement pas mécontents du tout de ce salon. Certes, il y avait peu de visiteurs, mais au moins ces derniers étaient-ils un public captif, intéressé par ce qu'il voit et le chéquier au fond de la poche. La "mémère à poussette", comme on dit, qui ne vient que pour voir le meeting et pose toujours les mêmes questions stériles, risquait d'autant moins de déranger que d'une part elle ne pouvait être au courant de la tenue de ce salon vu l'absence quasi-totale de communication, qu'elle ne pouvait le trouver vu que rien ne le lui indiquait et que, d'autre part, de meeting, point il n'y eut !

Si c'est un choix de l'organisateur, il est somme toute cohérent ! Aux clubs les meetings qui font rêver nos têtes blondes, qui sont nos futurs clients. Aux pros les salons sur lesquels on est un peu entre-soi, ce qui au moins permet de travailler efficacement. Toutefois, pour que ce salon perdure, sans doute faudra-t-il prévoir un peu plus de considération pour l'ULM, qui la mérite et, surtout, la possibilité de voler !

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