Editorial ULMiste n°21

Article paru dans ULMiste n°21, décembre 2016

 

L’utopie permanente

 

L’utopie regroupe plusieurs choses. Elle peut être une réalité idéale et sans défaut, donc impossible à réaliser. Elle peut être aussi, dans une acception plus populaire, une réalité difficilement admissible.

Nous vivons dans un monde où les carottes sont certifiées, leur taille et volume imposés.  La façon de les cuire sera bientôt l’objet de lois et règlements.

Et pourtant, dans ce vaste empire de la loi intrusive, il existe un joyeux village Gaulois qui résiste ! En se tapant dessus quand le poisson n’est pas frais et en bâillonnant le barde, tout pareil.

Ce village vit dans une double utopie : une réalité idéale et sans défaut vue de l’intérieur, et une réalité difficilement admissible vue d’ailleurs (mais, parfois de l’intérieur aussi). Que ce système autoresponsable et déclaratif vient-il encore faire dans un océan de normes, de règles, d’interdits et d’obligations ? Comment est-ce possible, sinon par l’utopie ?

 

Mais nous n’avons pas de potion magique… ou, plutôt, à nous d’en trouver la recette, par notre comportement au quotidien… non pas en singeant les normes que d’autres appellent de leurs vœux, mais en démontrant que l’absence de coercition ne signifie pas absence de règles.

 

Luttons, les carottes ne sont pas cuites !

 

Pierre-Jean le Camus