Rassemblement Air Delta 2010

Article paru dans ULMiste n°2, août 2010

 

Air Delta 2010

 

Les 22 et 23 mai derniers se déroulait à Pont-sur-Yonne (89), le rassemblement “Air Delta”. Air Delta, c’est un forum sur internet, tu sais ces trucs qui ne servent à rien à part à s’envoyer des noms d’oiseaux. Pourtant, sur celui-ci, dédié au delta, motorisé ou non, la courtoisie est de rigueur et le bon esprit permanent. Chaque année, ses membres se retrouvent pour vivre en vrai leurs amitiés virtuelles. Cette année, ULMiste y était et laisse la parole à J-C, qui débarque…

 

Jean-Christophe Verdié

 

En cette fin de mois de mai, je n’ai pas encore beaucoup ressorti le pendulaire de la couche de poussière hivernale qui le recouvre, la météo n’ayant pas vraiment consenti à nous accorder le printemps cette année.

 

Un initié me parle vaguement d’un petit rassemblement ULM à Pont-sur-Yonne pour la fin de semaine, d’habitude, ça sent le plan foireux à plein nez, genre tu finis posé dans un champ de boue à chercher les quatre machines et demie qui devaient venir mais qui ne sont pas venues parce qu’il fait un temps pourri et tu espères une éclaircie en rongeant des briochettes écrasées pour calmer ta faim en attendant de pouvoir redécoller et rentrer fissa au bercail. Allez, ce week-end il devrait faire beau, c’est l’occasion d’une ballade, j’acquiesce sans prendre plus de renseignements sur le jus du truc. Une grosse prévol, un bidon d’huile, une tente et un sac de couchage sanglés sur la poutre de mon fidèle Phase II 503, Ben sur le siège arrière et le reste, on verra sur place.

 

Notre petit convoi se rassemble par interception en vol : une machine vient de Meaux, que rejoint une seconde de Coulommiers et votre serviteur tire prestement la ficelle de son 503 lorsqu’il voit approcher les deux premiers de la verticale de La Ferté Gaucher. Plein gaz, montée barre poussée, le groupe est rapidement formé mais se disperse presque aussitôt, chacun ayant ses envies pour la petite heure de navigation à venir. Y’en a un qui vole bas, le suivant l’a pris en chasse et ça part dans tous les sens sans vraiment suivre le trait sur la carte qu’il n’a pas. Un autre est satellisé 1000 m plus haut, qui observe le jeu. Ce doit être l’arbitre... mais personne ne connaît les règles, c’est qu’il ne doit pas y en avoir. Bref, à ce jeu-là, le temps passe vite et la piste de Pont-sur-Yonne se profile, immanquable avec l’immense antenne rouge et blanche qui la jouxte au Nord. Atterrissage actif, en pleine convection et par plein travers, c’est parfait, ça réveille et ça met en appétit. Et là quelle bonne surprise de découvrir une zone devant les hangars pleine d’une bonne quarantaine de machines dont une majorité de pendulaires, ce qui déplumera quelques grincheux oiseaux déclamant bien à tort la quasi disparition du pendulaire dans la pratique ULM. A ceux-ci, on ne peut que conseiller de ne pas se contenter d’écumer les salons ou d’ausculter les statistiques fédérales mais plutôt d’aller voler un peu pour de vrai, sur les terrains loin des grandes agglomérations et prendre in situ, dans la vraie vie, la mesure de la réalité de la pratique ULM. Les machines sont parquées, on tombe vite casques et combinaisons avant que le soleil radieux ne nous fasse trop suinter dedans. Une fois débarrassé de cette carapace, je me retourne et... y’a presque personne... mais, mais, où sont donc passés les pilotes et passagers de tous ces jouets qui sont venus d’un peu partout et parfois de très loin au vu des identifications ?

 

Les gonzes venus ici sont forcément accaparés par l’un des quatre comportements fondamentaux d’un ULMiste en virée : voler, bouffer, discuter le bout de gras en auscultant les machines, ou roupiller sous l’aile. Personne ne vole, ni ne discute passionnément en fixant les machines d’un oeil dubitatif voire expertisant, ni ne ronfle à l’ombre.... c’est donc forcément qu’ils sont encore tous au resto de l’aérodrome, il me reste un petit espoir d’échapper aux brioches écrasées qui lestent mes sacoches pour soulager mon estomac. 

 

La porte du respectable établissement est franchie avec un empressement mêlé d’inquiétude, immédiatement dissipée par une puissante rumeur de tintements des couverts sur la vaisselle et de discussions ponctuées d’éclats de rire et d’interpellations joyeuses aux accents régionaux variés, certains n’ont pas hésité à faire quatre ou cinq heures de vol, un vrai cours de géographie. La salle est aussi pleine à craquer que devraient l’être toujours nos réservoirs. Nous nous faufilons jusqu’à la table que les maîtres des lieux nous dressent aimablement malgré l’heure tardive. Les plats à la présentation travaillée sont délicieux et l’organisation est irréprochable.

L’après midi, qui commence vers 16h, l’équipe organisatrice, Sylviane Chamu, Jéro Hajewski et Hugues Margueritte, autour du forum “Air Delta”, nous a prévu un rallye ballade et deux mini conférences. La première est présentée par Pierre-Alain Aubert, mécano moto expérimenté, sur les méfaits de l’essence E10 pleine d’éthanol. Les exemples de pièces dégradées en quelques mois par cette saleté comme si elles avaient dix ans passent de mains en mains dans l’assemblée. C’est concret, démonstratif et efficace. P-J enchaîne sur le thème du voyage en ULM en France et à l’étranger, les bras se lèvent, les questions fusent, les réponses suivent, le débat s’engage.

C’est à l’issue de ces discussions passionnantes que le N°1 de ULMiste fait sa première apparition publique, les quelques exemplaires que nous avions embarqués dans les sacoches des ULM sont pris d’assaut et trouvent vite preneurs : ce n’est pas tous les jours qu’un nouveau magazine d’ULM sort et est de surcroît livré à tire d’aile de pendulaire ! Ces rares exemplaires dédicacés sont à conserver précieusement.

 

Le soir, les résultats du rallye balade sont annoncés sous les applaudissements et les félicitations :

 

• 1er prix : Georges Mergen  sur DTA voyager 912 (Luxembourg). 

• 2ème prix ex eaquo : Claude d’Harcour sur Air Création Clipper 582 (Luxembourg) et Guy Rémi sur Quick 450 (Meuse).

• 3ème prix ex eaquo : Bruno Palmiero sur Air Création (Seine et Marne) et André et Marielle Fouqué sur DTA Combo FC (Mayenne).

• 4ème prix : Denis Périgois et Véronique Pochard sur Tanarg 912 (Mayenne).

 

Le soleil couchant a fait pousser des tentes multicolores aux pieds des machines, le vent est tombé, tout devient calme et serein, à la lueur de quelques minces faisceau de lampes à leds, chacun s’affaire à transformer son champignon de toile en un refuge douillet pour la nuit. Un dernier regard aux étoiles, une dernière cigarette en discutant tout bas, puis fermeture des écoutilles et des paupières.

 

A l’enragé du vol qui a démarré et fait chauffer son Rotax aux premières lueurs de l’aube à quelques mètres de mes oreilles endormies avant de décoller (l’intéressé se reconnaîtra !), sur le moment, je t’aurais bien fait avaler tes carburateurs sans rien mâcher. Et les filtres avec ! Quand je me suis levé une paire d’heures plus tard, j’ai pourtant regretté de ne pas avoir moi aussi volé ces instants magiques. Tu les as pris pour toi tout seul et tu as bien raison... à charge de revanche. 

 

On retiendra de ce week-end l’immense convivialité de l’ULM et plus particulièrement celle qui anime les organisateurs et animateurs du forum.

 

Merci à eux, à l’année prochaine !

 

http://volerdpm.xooit.com

 

 

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