BasULM, le grand bazar !

Article paru dans ULMiste n°5, juillet 2011

 

Bases ULM, le grand bazar !

 

Pierre-Jean le Camus

 

A ses touts débuts, l’ULM était par défaut interdit sur les aérodromes. Au cas par cas, une autorisation exceptionnelle pouvait être accordée à titre nominatif, ce qui, dans une certaine mesure, reste encore vrai sur nombre de terrains officiels, où les ULM sont tolérés, dans la limite des basés.

Par conséquent, en ces temps heureux, l’ULM devait se contenter de décoller du jardin, en restant en dehors de tout espace aérien contrôlé ou zone réglementée. Cet Eden ULMique a duré jusqu’en mars 86, le 13. Ce jour-là fut pondu un texte qui précise “les conditions dans lesquelles les ULM peuvent atterrir et décoller ailleurs que sur un aérodrome”. Il s’agit donc, par rapport à la situation antérieure, de restrictions. Entre autres particularités, il est indiqué que toute utilisation d’une plateforme ULM est soumise à l’autorisation du gestionnaire, parce que tout terrain ULM est “précaire et révocable”.

 

C’est assez logique : dans la mesure où un terrain ULM peut cesser d’exister du jour au lendemain, sur l’initiative de son gestionnaire ou sur injonction des autorités, l’utilisateur doit, avant chaque visite, obtenir l’accord du gestionnaire. L’Etat ne centralise aucune information et ne diffuse aucune consigne.

 

Aérodromes

 

Sur les aérodromes, il en est autrement : qu’il s’agisse d’installations publiques ou privées, il est du devoir de l’Etat d’encadrer leur usage. Par conséquent, l’information, officielle, est diffusée sous forme de cartes VAC régulièrement mises à jour et de NOTAMs lorsqu’il y a situation exceptionnelle. Il est du devoir du pilote de se tenir informé des consignes générales ou particulières de tout aérodrome qu’il visite.

 

Nous voyons ainsi qu’il existe une différence énorme d’avec les bases ULM. Sur ces dernières, aucune information officielle n’est disponible et il appartient à l’usager de prendre connaissance des consignes directement auprès du gestionnaire. En définitive, les ULM ne peuvent se poser en toute liberté que sur les aérodromes qui leur sont accessibles et sont ouverts à la circulation aérienne publique. Pour faire un parallèle et encore répéter, aucun terrain ULM n’a ce statut. Par conséquent, la diffusion d’informations sur les terrains ULM est à manier avec la plus grande prudence et c’est bien ce qui pose problème. Surtout depuis qu’on établit des listes des terrains ULM, ce qui est bien une nécessité pour organiser nos navigations, mais peut devenir problème en pratique.

 

Historique

 

Au début des années 90, sur l’initiative de Marc Nicolas et Jean Bossy, est publié un “Guide des Terrains ULM” aux éditions Rétine. Dans ce guide, on voit apparaître pour la première fois la nomenclature non officielle en “LF – département – numéro” qui est utilisée par tous depuis. Cet éditeur avait déjà l’expérience d’un Guide similaire concernant les sites de vol libre (delta et parapente), pour lesquels la réglementation est comparable à celle des terrains ULM, et savait donc combien ce matériau est difficile à manier. Imprimé, un tel guide est par définition obsolète dès sa sortie : outre que le terrain peut avoir disparu pendant la période d’impression du recueil, le tour de piste peut être modifié, par exemple. C’est pourquoi ce guide ne publiait exclusivement que les terrains dont les seuls gestionnaires avaient donné leur accord et fourni eux-mêmes l’information. Certains d’entre eux précisaient que l’utilisation de leur terrain ne requiert pas d’autorisation, ce qui est leur droit : on considère alors que l’autorisation est donnée à tous sans restriction. Se pose alors le problème d’une éventuelle fermeture administrative : comment prévient-on les usagers qui vont se pointer sans prévenir et trouver un champ labouré? Le papier, mis à jour une fois par an, n’a pas réponse à ce problème. Ne reste plus donc que la seule solution raisonnable : téléphoner avant de venir. De ce fait, en pratique, le seul système exploitable consisterait en une simple liste des terrains, avec le nom de la commune et un numéro de téléphone. Pas même les coordonnées géographiques (dites GPS depuis l’invention de cet outil), sans quoi il resterait toujours des nuisibles qui se posent sans demander. Une autre solution, tout à fait réaliste et réellement fonctionnelle : l’informatique et internet. Imaginons un système qui mettrait à disposition de tous une base de données mise à jour en permanence par les gestionnaires et accessible depuis n’importe quel terminal portable genre smartphone. Nous aurions réponse à tous les problèmes : en temps réel, on disposerait d’une information à jour, avec les consignes, les services disponibles et même, pourquoi pas, le temps qu’il fait sur place, voire même le menu de midi ! Ce serait l’idéal !

 

Au printemps 2000 arriva un début de réponse : plateformes2000, qui deviendra NAV2000. Ce site, qui reprenait le contenu du guide Rétine, fut initié par un informaticien de talent, Xavier Werquin. Bien plus qu’une base de données, il s’agissait d’un logiciel de préparation de navigations, qui permettait, en plus de la consultation des terrains ULM, d’éditer son log de nav, d’avoir accès aux informations météo, NOTAM, etc.

Hélas, concernant la gestion des terrains ULM, il se basait sur le cancer de l’internet : le participatif totalement débridé. Contrairement à ce qui devrait se produire, ce ne sont pas les gestionnaires de terrains qui éditent l’information, mais tous les utilisateurs qui, au gré de leurs promenades ou de ce qu’ils savent de leur région, mettent en ligne les informations sur les terrains dont ils connaissent l’existence.

 

Particip’au pif

 

Où est le problème ? demandent en cœur l’initiateur de ce système, (bientôt suivi par des clones), ainsi que les utilisateurs-contributeurs. Le problème est très simple. D’une part, les gestionnaires de terrains ne sont pas toujours d’accord pour voir leurs informations publiées et c’est leur droit le plus strict, puisqu’il s’agit pour l’immense majorité de propriétés privées. Ensuite, nul besoin de réfléchir des heures pour comprendre que les données ainsi compilées ne sont pas d’une fiabilité absolue et une simple utilisation croisée permet de le démontrer. Puis encore, rien n’oblige le contributeur à un suivi régulier de l’évolution de la situation sur le terrain dont il a modifié la fiche. Enfin, le contributeur, qui peut s’enregistrer sous l’appellation “fertuig02vbx8” et en IP masquée, ne sera jamais ennuyé pour les éventuelles fausses informations mises en ligne, même de bonne foi. En l’occurrence, c’est le pilote qui se pose sans demander qui en subira les conséquences.

Mais pas seulement : celui qui sera vraiment ennuyé est l’utilisateur du terrain, qui en est souvent le gestionnaire, propriétaire, animateur, qui a sué et sue encore à l’entretien de son petit aérodrome personnel, rêve ultime de tout aviateur. Propriétaire qui, bien souvent et par souci de pérennité, passe des accords avec ses voisins : pas de survol de telle maison, pas de vol le dimanche matin, ou après 20 heures, ou toute autre exigence légitime des indigènes environnants.

De nombreux gestionnaires nous contactent pour savoir ce qu’ils peuvent faire contre les visiteurs impromptus qui viennent enfreindre ces accommodements au simple titre que leur ordinateur de poche leur indique une base ULM juste ici. Pire encore, lorsqu’ils se vautrent en bout de piste faute de consignes de sécurité, comme c’est arrivé au moins deux fois dans les trois premiers mois de cette année 2011. Problème d’autant plus critique que nombre des terrains ainsi répertoriés sont à usage occasionnel, donc nécessitant l’avis au maire en plus de l’autorisation du propriétaire.

“Ma liberté s’arrête là où commence celle d’autrui”. Si, à ce qu’il paraît, la liberté de l’internaute ne doit connaître aucune limite au point qu’on nous présente les pirates informatiques comme des héros agissant pour la démocratie, la liberté du propriétaire privé est de jouir de son bien en toute quiétude et à sa guise. Imaginons un “NAV2000” à destination du randonneur à pieds. Dans la même logique, nous y verrions proliférer une base de données participative qui condenserait des maisons individuelles, avec toute information utile au piéton dont le contributeur aurait connaissance suite à sa visite : le plan de la propriété, de la maison, des photos, le contenu du frigo, la cachette de la clé… tout le monde crierait au scandale, puisque tout le monde a un chez soi dont la porte ferme à clés. A l’inverse tout le monde a le droit, soyons clair, de décider que sa maison est ouverte à tous, à toute heure, et d’en informer le monde entier.

 

Enfin, ultime bonne raison pour les gestionnaires de terrains de ne pas souhaiter jouer à ce jeu : les voleurs de moteurs qui ont sévi ces dernières années ont posé leurs “options d’emprunt à long terme” grâce à ces bases de données, puisque certains contributeurs poussent le “vice” jusqu’à préciser le nombre et le type de machines présentes sur tel terrain. N’oublions pas qu’internet est un système ouvert au monde entier !

Aujourd’hui

 

NAV2000 a disparu. Après s’être présenté comme une initiative à but non lucratif agissant pour le bien de tous, ce service devint une SARL dont les ressources devaient provenir de la publicité ou de la revente, par exemple à des fabricants de GPS, des données. Autre merveille d’internet, on fait commerce d’informations fournies gracieusement par les utilisateurs eux-mêmes !

 

Faute de revenus suffisants, ce qui montre que ce service ne rencontrait pas l’aval des professionnels, souvent eux-mêmes gestionnaires de terrains, NAV2000 disparut. Entre temps ou depuis, un certain nombre de clones avaient fait leur apparition : NAVI, Navigeo, Navigation, NAV3000, etc. Tous sur le même principe d’un logiciel de navigation enrichi de bases de données diverses, dont les terrains ULM. De ce fait, non seulement on se retrouve avec le même problème potentiellement multiplié à l’infini, mais en plus on observe des incohérences d’une base de données à l’autre, chaque contributeur ayant ses petites préférences. Et voici venir la FFPlUM et BASULM.

 

BASULM

 

Au contraire de tout ce qui a été présenté ci-dessus, BASULM n’est pas un logiciel de navigation, mais une simple base de données des terrains ULM dont l’ambition, louable, est de mettre de l’ordre dans ce grand bazar. Il s’agit à l’origine des données de NAV2000, à qui la FFPlUM a versé environ 8000 €, en plusieurs règlements à partir de début 2009, officiellement sous forme de sponsoring, NAV2000 SARL n’existant plus (les comptes de la fédé sont accessibles à tous et on peut donc vérifier). Dans le même temps, la base NAV2000 devenait disponible à tous sous licence Creative Commons (donc gratuitement), mais personne ne peut faire commerce de ces données. Ce qui faisait la force de NAV2000 était son logiciel de navigation. La base de données accolée à ce logiciel, résultant du travail des utilisateurs, leur appartenait de fait, à moins qu’il n’y ait dans le participatif une logique différente de celles qui ont prévalu depuis la nuit des temps.

 

En tout état de cause, voici donc BASULM, qui replonge, hélas, dans les travers qu’il faudrait justement éviter : tout le monde est invité à participer ! Lors de la présentation de cet outil à l’Assemblée générale de la FFPlUM le 19 mars dernier, à laquelle nous étions, les trois ULMistes qui ont souhaité s’exprimer étaient des gestionnaires de terrains qui manifestaient leur désaccord ! “Il y aura des vérifications mais on va pas non plus s’amuser à appeler les gestionnaires à chaque fois”, répondit Pierre-Henri Lopez, animateur principal de l’initiative, qui ajoute que “quand on demande aux seuls gestionnaires de terrains de fournir l’information, ça ne fonctionne pas”. C’est bien, très précisément, ce que ULMiste est présentement en train de dire : les gestionnaires de terrains, dans leur majorité, ne veulent pas de tels outils et c’est leur droit le plus strict. Et ils sont, tout de même, les premiers concernés ! Comme arguments, Pierre-Henri avança ensuite que des fabricants de GPS demandent de telles bases de données pour pouvoir les intégrer dans leurs outils et que, par ailleurs, l’armée de l’air est également intéressée, pour savoir où se trouvent les ULM et ainsi nous éviter. Sur le premier point, il est tout de même curieux que la FFPlUM fasse passer les intérêts de fabricants de GPS avant ceux de ses membres, gestionnaires de terrains qui font vivre l’activité au jour le jour. D’autant qu’elle n’a contractuellement pas le droit de vendre cette base de données.

Concernant les militaires : un commandant de base aérienne nous a clairement indiqué que localiser les bases ULM pour les survoler en radada était l’un des loisirs des pilotes de chasse, donc l’idée qu’ils voudraient nous éviter n’est pas forcément leur règle absolue. Ensuite et surtout, en attendant sa privatisation, l’armée de l’air est une administration. La DGAC aussi. Or, c’est bien la DGAC qui délivre les autorisations d’exploitation d’une base ULM (hors terrains occasionnels, mais ces derniers n’ont par définition pas à être connus). Quiconque a suivi cet article depuis le début a bien compris pourquoi la DGAC ne publie aucune information concernant les bases ULM. Leur caractère précaire et révocable ajouté au fait que les consignes peuvent varier sur la seule initiative du gestionnaire qui ne rend compte qu’à lui-même, rend toute publication impossible et même contraire à la sécurité. Mais, s’agissant d’une administration, l’armée, faisant demande à une autre, la DGAC, de données susceptibles, officiellement, d’augmenter la sécurité aérienne de tous, ces deux entités devraient avoir moyen de s’entendre directement sans avoir à faire appel au participatif 2.0 et ses limites. Nous avons demandé à Pierre-Henri Lopez de nous transmettre le document par lequel l’armée formule cette demande. Réponse : il n’y a pas de demande officielle, simplement des souhaits formulés de manière informelle par quelques militaires lors de réunions avec la DIRCAM. Ce qui change tout.

 

Aux fabricants de GPS, on pourra vendre des éléments fiables lorsqu’ils existeront et il semble que ce ne soit pas pour demain. Il n’y a aucune raison de leur offrir ce qu’eux-mêmes nous revendront au prix fort, surtout si c’est chacun d’entre nous qui a fait le boulot ! Les militaires, eux, ne demandent rien. Les usagers, pilotes d’ULM, sont demandeurs d’une base de données compilant les terrains ULM qui leur sont accessibles. Pourquoi diable nous enfermons-nous dans ce système absurde du participatif qui fait du tort aux gestionnaires, donc à la pérennité des centaines de petits terrains qui jalonnent la France ? En attendant, les terrains ULM référencés dans BASULM, au nombre de 1 350 au 4 juin 2011 (incluant de nombreux aérodromes), sont exportables directement depuis le site, au format Excel ou kml (Google Earth).

Pour avoir mené la collecte d’information du Guide VFR qui succéda au Guide des terrains, nous avons un élément de réponse consistant : trouver les gestionnaires, les solliciter, les convaincre, vérifier leurs informations et éventuellement les enrichir, c’est d’une part un énorme travail et d’autre part, on se retrouve avec moins de 200 terrains ULM pour toute la France : le total de ceux qui consentent à ce que leurs propriétés privées reçoivent des visites.

 

Les autres seraient-ils égoïstes ? Pas forcément. C’est peut-être, voire surtout, que n’ayant ni place de hangar, ni pompe à carburant, ni toilettes, ni douche, ni aucun service à offrir, leur visite n’est d’aucune utilité à l’ULMiste voyageur auquel se destine une telle compilation d’informations.

 

S’il n’y avait pas de problème avec le participatif, nous pourrions suivre le mouvement et si la FFPlUM, via BASULM, parvient enfin à proposer un outil fiable, sérieux et respectueux des gestionnaires, nous en serons ravis. Mais en attendant, ULMiste, qui aime être bien accueilli après avoir poliment demandé, choisit son camp et se place du côté des gestionnaires de terrains ULM.

 

BASULM, le crash-test

 

Afin de vérifier la fiabilité des vérifications annoncées par les animateurs de BASULM, nous avons mené deux petites expériences. Pour cela, nous nous sommes enregistrés sous le nom de l’auteur de ces lignes, donc en nous cachant d’autant moins que BASULM connaît notre peu d’enthousiasme pour ce service.

 

1 – création de la fiche d’un terrain. Nous avons pris une photo aérienne d’un terrain existant, mais référencé nulle part sur volonté du gestionnaire. Nous avons légèrement modifié l’image afin de la rendre non identifiable. La fiche est complète, avec une infographie indiquant les tours de piste et les coordonnées du vrai gestionnaire, auprès duquel on peut donc vérifier. Seules les coordonnées géographiques ne sont pas indiquées (il y a bien entendu l’adresse complète, obligatoire, seul le nom du lieu-dit a été changé). Le gestionnaire n’a pas été prévenu de notre démarche, pour rester dans l’esprit qui prévaut à ce participatif.

 

2 – sur la fiche d’un terrain existant, dont nous ne sommes pas gestionnaires, nous avons modifié la longueur de la piste, la réduisant de 420 m à 350 m.

 

Une fois nos petites plaisanteries terminées, nous sommes restés en veille devant notre ordinateur, afin de pouvoir réagir immédiatement à la mise en ligne. Trois jours plus tard, deux messages :

- la fiche de création est rejetée, sans aucune explication et sans que le gestionnaire n’ait été consulté. Néanmoins un code “LFxxxx” est attribué. En tout état de fait et dans l’éventualité où ce terrain serait un jour mis en ligne, sachez que la base ULM de “Seffaux”, code “LF4652”, n’existe pas ! L’illustration, modifiée, montre un terrain occasionnel.

- la modification est validée, sans que le gestionnaire n’ait été consulté !

 

Nous avons bien entendu immédiatement corrigé et remis la longueur de piste initialement indiquée, qui a été validée deux minutes plus tard !

Nous ferons d’autres tests...

 

 

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