Fly to Dakar (septembre 2002)

Exculisivté Web

 

Fly to Dakar : Sahara marocain !

 

Mercredi 11 septembre 2002 : Tarfaya - Laayoune : 1 h Laayoune - Boujdour : 2 h

 

Pierre-Jean le Camus

 

 

L'essence ne fut pas un souci sur cette étape : une station existe à un kilomètre de là, qui offre une large zone posable. Ce sera l'étape la plus courte de l'expédition. Un bus de militaires fait une pause sur la station, dont les occupants se montreront très curieux de notre manège. Décollage quasi immédiat sitôt les pleins faits, cap sur Laayoune. Voilà deux ans, je me suis retrouvé dans cette zone, ayant pour mission de participer à l'assistance aérienne d'un rallye-raid auto-moto. Je tiens à y retourner, et j'invite mes camarades à prendre le petit déjeuner dans l'hôtel Nagjir qui nous abritait alors. Un endroit étonnant, le luxe absolu planté au bord de la plage, au milieu de strictement rien du tout, et qui semble, alors que nous y posons après une heure de vol, avoir bien du mal à décoller. Je dois préciser que je comptais alors parmi les premiers clients de l'établissement, qui s'inaugurait. Deux ans ont passées. C'est incroyable, on ne le croirait pas ! Tout est identique, même le chantier de je ne sais quoi qui borde l'endroit. Nous engouffrons moult chocolatines (pains au chocolat pour les parisiens), cafés, thés, puis repartons repus vers nos appareils. 

Direction la plage, bleu à droite, on attend que ça passe. Nous devrons poser à Boujdour, où nous ferons à nouveau les pleins. Le seul inconvénient de nos machines est qu'il leur faut du carburant. A la réflexion, c'est aussi une des limites de l'humain, qui doit aussi trop régulièrement se remplir la carcasse, prendre du temps, s'alourdir, pour reprendre des forces qui connaîtront également un destin polluant. Un bon vent nous pousse, la vitesse sol semble bonne. Je dis "semble" car nous nous épargnons les logs intellectuels et souvent inutiles. La carte, posée sur notre genou, suffit. Nous savons juste que la distance de l'étape est compatible avec l'autonomie, et que l'on me démontre qu'il faut autre chose. Ca défile plus vite que prévu, à vue de nez, cela suffit ! Le posé à Boujdour sera cocasse, et pour tout dire, mouvementé. Je ne me sentais pas très bien en vol, pour je ne sais quelle raison. Une fois au sol, je comprends : je suis malade. Le poisson de la veille semble vraiment ne m'avoir pas réussi, à moins que ce ne soient les sortes de poivrons gras… Après quelques tergiversations, nous décidons de passer la nuit ici. Encore une fois, la gendarmerie Royale montera la garde toute la nuit devant nos appareils. Sitôt dans l'hôtel, je m'écroule sur le lit, ne m'en relevant que pour aller me vider les tripes par le haut. Au bout de quatre heures, je me lève pour accompagner mes collègues dans une infâme gargote. J'apprendrai alors qu'ils ont profité de mes absences pour envoyer des nouvelles sur le ouèbe. Je suis d'une humeur massacrante, ce que finira par comprendre notre serveur, abondamment maltraité.