Fly to Dakar (septembre 2002)

Exculisivté Web

 

Fly to Dakar : Saint Louis !

 

Dimanche 15 septembre 2002 : Iwik - Nouakchott : 2 h 15

Nouakchott - St Louis : 2 h 40

 

Pierre-Jean le Camus

 

 

Enfin, nous voilà partis de ce lieu peu sympathique. Je ne garde aucun souvenir notable de cette étape. Certes, ce fut la première depuis notre départ en temps que passager, mais la suite ne suffit pas à justifier cet état de fait. Je devais être bien fatigué, et dormis, sans doute. Profondément.

L'arrivée sur Nouakchott fut marquante, pendant laquelle je me réveillais. Nous voilà au dessus d'une ville aux allures de Vitry sur Seine sous ses plus mauvais regards bidonvilliens. A la différence près que Nouakchott est une capitale, et que cette image restrictive là-bas est ici générale. Sitôt posés, il me fallut affronter les exigences bakchichtesques, auxquelles je me pliais bien volontiers, plus par faiblesse qu'autre chose. Marre ! Je réclame les 15 Euros nécessaires à l'obtention du plan de vol à Stéphane notre compétent comptable, puis nous partons bien vite vers des lieux que nous espérons plus accueillants. Au point d'arrêt, les pleins faits et tout impératif réglementaire respecté, on nous réclame de maintenir le point d'arrêt. Deux-trois minutes s'écoulent, au bout desquelles on nous signale que nous "n'avons pas payé la taxe d'atterrissage". Notre radio-man signale alors que "mon collègue a payé, mais si, même qu'on n'a pas voulu nous délivrer de reçu". Le bordel qu'il a pas mis, le Stéphane !

 

"Maintenez le point d'arrêt" Enfin, on nous autorise à décoller X, vent du machin et tout ça, genre d'information dont nous autres ulmistes n'avons rien à faire, habitués que nous sommes à lire la seule manche à air et notre bon sens. Enfin, nous quittons le sol Mauritanien, pensant que nos pires galères sont passées….l'espoir fait vivre, dit-on. Et pourvu qu'ça dure, dit machin ! 

A partir de Nouakchott, le paysage change tout doucement. Une seule route rejoint la capitale Mauritanienne au Sénégal via Rosso, que nous suivrons bien qu'ayant prévu de suivre la côte, ce qui nous permet de profiter de ce spectacle plutôt que celui trop connu du "bleu à droite". Le désert aride laisse place progressivement à du sable, toujours, mais percé ça et là puis bientôt partout de petits arbustes verts, ce qui crée un contraste étonnant. Dieu, que la nature est belle, pour dire une banalité. Nous sommes encore passablement secoués, ce qui excédera l'ami Pascal, regrettant que nous n'ayons suivi comme prévu le littoral. Petit à petit, Le Fleuve se laisse entrevoir.

 

Le Fleuve, c'est le Sénégal, qui marque la frontière avec le pays auquel il a donné son nom. Brutal mélange d'aridité et de fertilité. Quelques parcelles adjacentes sont vertes, d'autres, plus éloignées, le sont parce-qu'elles sont alimentées par de longs canaux, mais on constate que sans le travail de l'homme, ce Fleuve continuerait égoïstement à couler au milieu du sable, sans offrir d'autre contraste pictural qu'une large traînée jaunâtre déchirant la désolation d'un sol totalement stérile. L'humidité qu'il dégage engendre de petits cumulus et les turpitudes qui vont avec. Les frontières entre les pays sont parfois bien conçues, du point de vue du géographe, à défaut de l'être aux yeux du philosophe humaniste. Ainsi, la verdure apparaît dès le Fleuve passé. Ca y est, nous sommes au Sénégal, et même si le périple devait, pour quelque raison que ce soit, s'interrompre ici, nous avons désormais la douce impression que l'affaire est menée, que nous avons atteint notre objectif. Moins de 200 kilomètres nous séparent désormais de Dakar, que peut-il nous arriver, en dehors d'un souci administratif ?