L'accidentologie 2015 vue par l'ISAL... puis par ULMiste ! 2 (exclusivité web)

6 classes !

 

Oui… mais ! L'ULM est constitué de 6 classes et il n'est que temps de cesser des les amalgamer surtout quand, comme c'est actuellement le cas, nos autorités durcissent le ton. Tentons donc d'y voir clair en matière d'accidentologie comparée, en dissociant chaque pratique ici comparée dans des ensembles incohérents. Les aérostats ULM ne sont pas pris en compte, ils n'ont fait qu'un seul blessé depuis dix ans (pas en 2015). Nous avons pris le nombre total d'ULM par classes et avons conservé la moyenne annuelle officielle de 46 hdv. Ce chiffre peut être contesté comme moyenne pour chaque classe d'ULM, mais en l'absence de toute autre donnée officielle, nous nous appuyons sur celle-ci. ULMiste a mené un gros travail de recherche sur des centaines de petites annonces voici trois ans. En ne retenant que les annonces mentionnant l'année de construction et le nombre d'heures, nous sommes parvenus à un chiffre légèrement supérieur à 50 h. Ce chiffre serait plus favorable à l'ULM dans nos présents comparatifs, mais cette donnée n'étant pas officielle, nous l'écartons.

 

Concernant le nombre de "pratiquants". Notre travail de recherche sur les accidents de 2006 à 2015 a fait apparaître un fait notable : les accidents portés à la connaissance de la FFPlUM (soit leur totalité comme nous l'avons expliqué), donnent une indication intéressante : le taux de non-adhérents à la FFPlUM. Sur 150 accidents (matériels, corporels et mortels), chaque année en moyenne, soit environ 1 500 cas sur dix ans, ceci nous semble avoir valeur de sondage. Voici ce que donne le taux de non-adhérents parmi les victimes d'accidents, par classe, lissé sur 10 ans :

- Autogire : 17,76% de non-adhérents

- Hélico : 46,67% de non-adhérents

- Paramoteur : 21,38% de non-adhérents

- Pendulaire : 15,07% de non-adhérents

- Multiaxes : 22,81% de non-adhérents

 

Nous avons donc pris la répartition officielle des ULM par classes (chiffres DGAC 2014), et en considérant qu'il y a un pratiquant par appareil, nous avons augmenté le chiffre du pourcentage de non-adhérents apparu sur 10 ans.

Le ratio adhérents / morts (dernière colonne), montre que sur 2015 aucune classe d'ULM n'est plus favorable que l'avion ou le planeur. En revanche, en colonne 4, rapporté à l'heure de vol, le paramoteur est, de loin, l'aéronef qui tue le moins ! Le pendulaire n'est pas très loin de l'avion, le multiaxes tue trois fois plus que l'avion. L'hélico ULM n'a que trois ans d'existence et un seul accident mortel en 2015, l'information n'a donc guère de valeur statistique. L'autogire, lui, doit sérieusement se remettre en question, ce que notre analyse sur dix ans montre également.

 

Voyons maintenant le ratio par heures de vol :

En vert, le pourcentage des heures de vol dépasse le pourcentage d'accidents mortels. En rouge, l'inverse. Le paramoteur reste le plus sûr.

Voyons maintenant le détail par classes, avion et planeur versus ULM par classes.

Voici donc notre réponse aux affirmations de l'ISAL sur l'année 2015. Si nous voyons que l'accidentologie comparée de l'ensemble de l'ULM avec (une partie) de l'aviation certifiée n'est pas favorable à l'ULM (et dans des proportions préoccupantes), notre présentation des chiffres est beaucoup moins spectaculaire que celle de nos amis de le DGAC, dont les motivations doivent être interrogées…

Mais… et sur dix ans, ça donnerait quoi ?

 

Pour rappel, jusqu'ici, nous n'étions que sur l'année 2015, particulièrement mauvaise pour l'ULM, toutes classes confondues et… particulièrement favorable à l'aviation certifiée, tous aéronefs confondus ! Allons voir plus en amont ce que donneraient nos comparatifs sur dix ans, en nous basant sur le travail que nous avons mené récemment et les chiffres publiés sur le site de le DGAC.

Pour l'aviation légère certifiée, la DGAC ne publie pas les statistiques des heures de vol, ni le nombre de machines, ni même le nombre d'adhérents pour les dix dernières années. Seuls les accidents mortels et le nombre des morts sont reportés. Par conséquent, nous ne pourrons comparer que le seul nombre de morts, à partir duquel nous inviterons à quelques extrapolations sans valeur scientifique aucune, précisons-le !

Observons la dernière colonne, celle de droite. Sur les dix dernières années, l'avion fait 50,37% des morts. Le planeur 8,09% des morts. Sur l'ensemble des classes d'ULM, seul le multiaxes montre un taux de mortalité supérieur au planeur mais encore loin de l'avion, les autres étant très largement en-dessous de ces chiffres ! Nous n'avons pas l'habitude de ponctuer de plusieurs points d'exclamation, mais une fois n'est pas coutume : l'avion et le planeur réunis tuent beaucoup plus que toutes les classes d'ULM réunies, sur 10 ans !!!

 

Nous ne pouvons établir de données sur le nombre d'heures ou d'adhérents. Mais, sachant que, sur les dix années, le nombre d'ULMistes et d'ULM augmente, pendant que le nombre de pilotes privés avion diminue (le nombre d'aéronefs restant peu ou prou égal), les ratios seraient encore plus favorables en valeur relative qu'ils ne le sont en valeur absolue. Les ULMistes, qui volent en moyenne trois fois plus que les pilotes avion (15 h pour l'avion et le planeur cumulés contre 46 pour l'ULM, voir au-dessus), sur des aéronefs 60% plus nombreux (9 085 avions et planeurs contre 14 952 ULM), ne représentent que 42% des morts de toute l'aviation légère sur les dix dernières années.

 

Le DGAC s'appuie sur la démonstration faite sur une seule année, 2015, pour justifier les mesures coercitives extrêmement graves qu'elle est en train de mettre en place (ULMiste en donnera le détail bientôt). Or, attendu que cette année 2015 a été, d'une part, très défavorable à l'ULM (ce qui doit être compris en analysé, il ne s'agit pas de faire l'autruche !) et d'autre part très favorable à l'avion et au planeur, le procédé nous paraît parfaitement scandaleux ! Et nous nous étonnons que nos représentants fédéraux, qui sont parfaitement au courant puisque les données que nous publions proviennent d'eux-mêmes, ne régissent pas avec d'avantage de vigueur !!! (encore triple exclamation, tiens !)

 

Que l'on permette de finir sur une touche personnelle. Je n'aime pas le procédé qui consiste à comparer. Mais c'est celui qui est retenu depuis longtemps, notamment par nos représentants fédéraux, pour justifier une accidentologie favorable à l'ULM non certifié par rapport à l'aviation certifiée. Pendant des années, je n'ai cessé de répéter à notre regretté Dominique Méreuze que quand on a le cancer, on se fout de savoir que le voisin a le sida ! Cela ne soulage ni ne guérit son propre mal. Il haussait les épaules. Puis, un jour, il m'a appelé pour m'annoncer qu'il venait de comprendre ce que je voulais dire…

 

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